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Sextape de Taylor Swift : Rachel Zegler a raison, "blaguer" sur la sexualité des femmes n'est jamais drôle

Le feuilleton amoureux que représente la vie de Taylor Swift continue à passionner les foules, en particulier depuis que la rumeur affirme qu'elle serait en couple avec Travis Kelce, star du football américain. Mais dans un récent épisode de son podcast "Pardon My Take", le commentateur sportif Dan Katz a remis en cause cette relation présumée, affirmant qu'il n'y croirait que le jour où il verrait leur sextape. Des propos qui font bondir les féministes, à commencer par l'actrice Rachel Zegler.

NEWARK, NEW JERSEY - SEPTEMBER 12:  Taylor Swift attends the 2023 MTV Video Music Awards at the Prudential Center on September 12, 2023 in Newark, New Jersey. (Photo by Dimitrios Kambouris/Getty Images)
Sextape de Taylor Swift : Rachel Zegler a raison, "blaguer" sur la sexualité des femmes n'est jamais drôle. (Photo by Dimitrios Kambouris/Getty Images)

La vie amoureuse de Taylor Swift a toujours été un sujet qui déchainait les passions. La chanteuse a eu des histoires d'amour avec de nombreuses célébrités, de Tom Hiddleston à Harry Styles, en passant par Joe Jonas et Taylor Lautner. Et souvent, ces romances lui ont inspiré des chansons d'amour ou de rupture. Depuis quelques semaines, la chanteuse qui bat des records avec sa tournée semble vivre une nouvelle idylle avec Travis Kelce, star du football américain. Une histoire qui fait couler beaucoup d'encre, et qui a inspiré à un commentateur sportif un commentaire fort peu élégant (pour dire les choses poliment).

Dans un épisode du podcast "Pardon My Take" de Barstool Sports, Dan Kats a remis en question les rumeurs selon lesquelles Taylor Swift et Travis Kelce étaient véritablement en couple. "S'ils dévoilent une sextape, je consommerai leur relation et je dirais 'ok, c'est vrai", a-t-il affirmé, sans doute dans une visée humoristique, mais qui tombe à plat.

Vidéo. La Minute de Taylor Swift

Le coup de gueule de Rachel Zegler

Sur les réseaux sociaux, des centaines d'internautes ont fait part de leur colère et de leur dégoût face à de tels propos, qui sexualisent encore une fois la chanteuse, et qui en prime se moque d'un problème auquel bon nombre de femmes sont confrontées : la diffusion non-consensuelle d'images à caractère sexuel.

Rachel Zegler, star du film "West Side Story" et future héroïne du préquel de "Hunger Games", fait partie de celles qui ont pris la parole avec véhémence. "Ce n’est pas une nouveauté que les médias soient particulièrement (et de manière injustifiée) cruels envers Taylor Swift, mais la façon dont les hommes se sentent autorisés à parler des femmes, de leur corps et de leur vie sexuelle doit être sérieusement évaluée", affirme-t-elle.

Pour la jeune comédienne, cette "blague" est tout simplement sexiste : "On ne parle pas comme ça des hommes. Cela vaut pour de nombreux scénarios différents. Nous ne disséquons pas les attitudes et les relations des hommes comme nous le faisons pour les femmes. Et ce ne sont pas toujours seulement les hommes qui parlent ainsi de nous. Les femmes le peuvent et le font aussi. C'est nul. Laissez Taylor Swift tranquille", clame-t-elle, avant de conclure : "Je vois beaucoup de gens dire que c'est une blague, mais ce que vous ne comprenez pas, c'est que depuis toujours, "Vous n'avez pas d'humour" a été synonyme de "Laissez-nous dire des choses horribles sur les femmes sans avoir à en subir les conséquences." On en a marre. Ça n'a jamais été drôle."

L'impact des sextapes sur les femmes

Rachel Zegler a raison. Non seulement les commentaires sur la vie sexuelle des femmes ne sont jamais drôles ni justifiés, mais en prime, le fait de blaguer sur la diffusion non-consensuelle d'images à caractère sexuel (terme qui remplace l'expression "revenge porn", ndlr) banalise un problème qui est pourtant on ne peut plus réel. En 2021, selon un sondage Ipsos, en France, une personne sur cinq a déjà été victime de ce phénomène. Le rapport révèle également qu'une personne sur 10 victime de ce type d'acte a subi de graves conséquences : perte d'emploi, échec scolaire, ou tentative de suicide. Les cas de chantage à la sextape se sont également multipliés au fil des années.

Dans son dernier rapport intitulé "Pornocriminalité : mettons fin à l’impunité de l’industrie pornographique", le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) affirme par ailleurs qu'une "partie importante des vidéos pornographiques diffusées sont des vidéos de viols filmés, du revenge porn, ou elles ont été obtenues par la contrainte dans des réseaux d’exploitation sexuelle." Et malheureusement, une fois qu'une vidéo est uploadée, il est difficile de la faire disparaître, tant les contenus sont volés et réuploadés sur d'autres plateformes. Pas vraiment de quoi rire, donc.

Pour rappel, la diffusion non-consentie de contenu à caractère sexuel est une pratique illégale, en vertu de la loi n° 2016-1321 du 7 octobre 2016 pour une République numérique.

Vidéo. Rachel-Flore Pardo : "L’auteur d’une diffusion non-consentie de contenu à caractère sexuel risque jusqu’à 5 ans de prison et 60 000 euros d’amende"

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