"Après le confinement, ce sera l'orgie" : 39% des Français renoncent au plaisir sexuel pendant le confinement

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Le confinement a des conséquences sur le moral des Français, que les spécialistes commencent à peine de tenter d’évaluer. Il en a aussi sur leurs habitudes de vie, et sur leur vie sexuelle. Si quelques personnes ont droit à une libido constante voire accrue, une situation souvent liée aux modalités de leurs vies amoureuses, d’autres se retrouvent sans désir ou presque.

Pour certains, l’abstinence est un choix. Une étude menée par le site de rencontre Happn sur 600 de ses utilisateurs révèle que 38% des célibataires sur la plateforme ont fait le choix d’attendre que le confinement se termine pour reprendre leur vie sentimentale et sexuelle. 61% des personnes abstinentes par choix déclaraient avoir continué à se masturber… ce qui veut dire que 39% préfèrent mettre aussi les plaisirs solitaires derrière eux pour le moment.

"Pour ne pas me faire replonger dans mes habitudes, j’ai aussi arrêté de me donner du plaisir. Je fais plus de yoga pour me canaliser ou je prends de longs bains. Les moments où c’est dur je me console en disant que ce sera l’orgie au déconfinement et que j’ai bien le temps de me rattraper.”

“Ce sera l’orgie au déconfinement”

C’est le cas de Noémie, célibataire à Paris qui utilise au quotidien les applications de rencontre et organise régulièrement des rendez-vous qui se finissent au lit : “Depuis le confinement, j’ai décidé de respecter les directives du gouvernement et de ne plus rencontrer d’amants. Ma soeur travaille dans le milieu médical et c’était important pour moi de montrer que je ne ferais rien pour compliquer son travail et mettre en danger des gens. J’ai arrêté de donner des rendez-vous mais j’ai aussi arrêté de draguer. Et puis pour ne pas me faire replonger dans mes habitudes, j’ai aussi arrêté de me donner du plaisir. Je fais plus de yoga pour me canaliser ou je prends de longs bains. Les moments où c’est dur je me console en disant que ce sera l’orgie au déconfinement et que j’ai bien le temps de me rattraper.”

Séparée physiquement de son compagnon depuis le début du confinement, Laetitia explique avoir eu une libido exacerbée au début du confinement. Depuis 10 jours, celle-ci s’est éteinte : “Ma libido est en chute libre. Au début, j'ai mis ça sur le compte de mes règles, mais vu que la situation se prolonge, je ne pense pas que ça soit lié à ça. J'ai quand même essayé de me masturber lors d'une insomnie, puisque d'habitude ça m'aide pas mal à me détendre, mais sans succès. Zéro excitation, impossible d'arriver à l'orgasme. Du coup je ne vais pas me forcer, je vais laisser passer les choses, et voir comment ça évolue au fur et à mesure du confinement.” Cette phase de disette, qu’elle ne compte pas combattre, s’éteindra naturellement avec le déconfinement : “Il est fort probable que le jour où je vais retrouver mon mec, je lui saute dessus ! Surtout si la situation doit encore se prolonger plusieurs semaines.”

"J’ai aucune envie de consacrer de l’énergie à me masturber. Je préfère largement me dire que ce sera le feu d’artifices dans quelques semaines."

Du plaisir après le confinement, c’est aussi ce à quoi pense Justine, célibataire depuis le mois de février : “Je pensais profiter du printemps pour me remettre sérieusement à draguer… mais c’est repoussé par la force des choses. Du coup, j’ai décidé de mettre cette partie de ma vie entre parenthèses le temps du confinement. Je m’occupe autrement. Je travaille. J’ai aucune envie de consacrer de l’énergie à me masturber. Je préfère largement me dire que ce sera le feu d’artifices dans quelques semaines. Le premier mec qui me plait sur lequel je tombe, je lui fais la totale !”

Julien prévoit aussi un retour à la normale de ses habitudes sexuelles au déconfinement. Avec sa femme, ils sont habitués des clubs libertins. Mais ils sont aujourd’hui confinés, avec leurs enfants et les obligations parentales qui vont avec : “Nous avons des enfants donc difficile de les coucher tous les soirs comme quand ils ont école. Ma femme travaillant toujours à son bureau, tôt, elle se couche tôt aussi. Et nous n’avons pas les week-ends ou les vacances durant lesquelles ils sont chez les grands-parents, période où nous en profitons pour vivre des choses plus originales. En temps normal, j’avoue me masturber régulièrement mais avec les enfants toute la journée je ne peux plus. Avec ma femme, nous prévoyons de nous rattraper ensuite, à deux ou peut être à trois.”

“On s’engueule. Du coup, c’est disette”

Pour Alex, la vie sexuelle est aussi grandement compliquée par le confinement : “Je bosse à la maison depuis quelques années, alors on va dire que ça me change pas trop, mais c'est plus compliqué à gérer pour le reste de la famille… On a un rythme qui s'est imposé de lui-même où ma femme travaille le matin pendant que je gère les enfants, je bosse l'après-midi pendant qu'elle s'occupe des enfants, et le soir on essaie de clôturer nos horaires comme possible une fois les enfants couchés. À partir de là, plusieurs changements : moins de masturbation de mon côté, tout simplement parce que je suis plus tout seul, rien en semaine, quelques retrouvailles le week-end, un peu compliquées là encore, parce que ma femme gère mal le fait d'être enfermée. Du coup on a réussi à s'engueuler deux fois de manière assez forte ce qui entraîne généralement des périodes de disette.”

Alex précise que le désir sexuel entre lui et sa compagne est exacerbé par le fait de se voir toute la journée mais que la fatigue et l’organisation les empêchent de profiter de ces envies. Eux aussi, ils prévoient de profiter du déconfinement pour se retrouver : “On a parlé d'un week-end en amoureux. Certainement pas du genre relais-château, juste laisser les enfants chez mes beaux-parents pour profiter de nous, d'une grasse mat et d'un resto...”

“Si vous n’avez pas envie, ne vous masturbez pas”

Comme pour toutes les injonctions qui circulent depuis le début du confinement, il faut tâcher de lâcher-prise. Chaque jour sur les réseaux sociaux, on est abreuvé de photos et de vidéos de personnes qui organisent des activités avec leurs enfants, en plus de l’école à la maison, font du yoga, de la boulangerie, font du sport et télétravaillent. La situation est perturbante et bouscule toutes les habitudes de vie, il n’est pas question de remplacer un quotidien stressant par un quotidien enfermé et beaucoup plus stressant. Le sexe fait partie des injonctions qui peuvent aussi bien être reportées à plus tard. Si vous n’avez pas envie de vous masturber ou si vous pensez que cela ne vous fera pas du bien, ne vous masturbez pas. Si vous n’arrivez pas à concilier une vie sexuelle satisfaisante avec votre partenaire et les impératifs de la situation, ne vous acharnez pas. Il vaut mieux une promesse d’un moment de plaisir empreint de désir et de sérénité qu’un épisode médiocre qui ne satisfait totalement personne. Un bon moyen de continuer à nourrir la complicité est alors de fantasmer et préparer la rencontre sexy qui marquera les retrouvailles.

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