Belgique : une fondatrice d'une association pour les victimes de viol violemment attaquée à son domicile

Laetitia Reboulleau
·4 min de lecture

En créant son association de soutien aux victimes de viol, Orlane comptait faire le bien autour d'elle et aider les personnes ayant besoin de se reconstruire. Mais son engagement a attiré des personnes mal attentionnées, qui ont décidé de s'en prendre à elle, au sein même de son domicile. Ils l'ont torturée pendant de longues minutes pour l'empêcher de mener son projet à bien.

En février dernier et après avoir été elle-même victime d'un viol, Orlane Graindorge, une jeune femme belge vivant à Liège, avait eu l'idée de fonder Don't Cry, Talk. Cette association sans but lucratif, dont l'objectif était de venir en aide aux victimes de violences sexuelles, devait représenter un espace d'accueil, de soutien, d'entraide pour les personnes qui en ressentaient le besoin. Mais visiblement, son idée n'a pas plus à tout le monde.

Des individus l'ont violemment torturée

Selon nos confrères de 7sur7.be, les faits se seraient déroulés le mardi 9 mars, au lendemain de la Journée internationale des droits des femmes. Le compagnon d'Orlane est parti travailler en début de matinée, et moins d'une heure après son départ, quatre individus se sont introduits à son domicile. Des hommes aux allures de militaires : cagoulés, gantés et chaussures de sécurité aux pieds.

Vidéo. "J’ai été violée quand j’avais 9 ans. J’ai vécu des guerres dans mon corps. Je suis une survivante"

C'est avec terreur et émotion que la jeune femme se remémore le terrible moment qu'elle a vécu : "Ils m’ont attrapée, jetée par terre et l’un d’entre eux m’a maintenue au sol. Deux autres sont allés chercher un couteau dans la cuisine. L’un a dit: “Prends le couteau à pain, ça fera plus mal”. Là, ils ont pris mon chat par la peau du cou et m’ont lâché: “C’est lui ou c’est toi!”. J’ai crié de laisser mon chat, que je préférais qu’ils s’en prennent à moi." L'homme qui la maintenait au sol lui a brutalement tailladé le corps avec le couteau à pain : "Il répétait qu’il allait me laisser des traces pour que je me souvienne". Orlane en gardera en effet des cicatrices à vie : 40 points de suture ont été nécessaires pour refermer les différentes plaies situées sur ses bras, ses jambes, son ventre et ses épaules.

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Ses agresseurs ne veulent pas de son association

Selon la jeune femme, l'objectif de ses assaillants était clair : l'empêcher d'ouvrir son association d'aide aux victimes de violences sexuelles : "Il m’a dit que je faisais trop de bruit avec mon ASBL et qu’elle n’avait pas intérêt à voir le jour." Après plus de 15 minutes de torture, les hommes ont fini par prendre la fuite, et Orlane a réussi à prévenir les secours. "Les policiers m’ont expliqué que j’avais sûrement affaire à des professionnels et que quelqu’un les avait peut-être payés pour me faire peur, me faire du mal, ou pire : me tuer." Elle précise en effet que le timing est loin d'être anodin : "Je ne suis pas domiciliée à cette adresse et ils ont agi le jour des encombrants, lorsque les portes de mon immeuble, bien que sécurisé, sont grandes ouvertes."

Si elle dit aujourd'hui aller mieux et être bien entourée et soignée, Orlane ne s'en cache pas : "J'ai peur quand je me lève le matin, mais je reste forte." Toutefois, pour ne pas prendre de risque, elle a décidé de se retirer du projet associatif qu'elle avait créé : "Pour ma sécurité et celle de mes proches, je préfère prendre les menaces de mes agresseurs au sérieux et ne plus faire partie du jeu. Nous vivons dans un monde qui vit très mal. Je pensais faire quelque chose de bien, mais pas au prix de ma vie."

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