Publicité

Corinne Masiero, lassée d'être définie par son passé : "Mon parcours ne se résume pas à la came et au tapin"

Incontournable héroïne de la série "Capitaine Marleau", ce vendredi 21 juillet 2023 sur France 2, Corinne Masiero est souvent ramenée à son passé de sans-abris, qui a connu la droguer et la prostitution. Si elle ne renie pas son passé, la comédienne dénonce l'aspect réducteur de cette façon de la voir.

French actress Corinne Masiero poses during a photo session in Paris, on November 17, 2021. (Photo by JOEL SAGET / AFP) (Photo by JOEL SAGET/AFP via Getty Images)
Corinne Masiero, lassée d'être définie par son passé : "Mon parcours ne se résume pas à la came et au tapin". (Photo by JOEL SAGET/AFP via Getty Images)

En quelques années, Corinne Masiero est devenu l'un des visages les plus étonnants du petit écran. Actrice talentueuse et encensée par le public comme par ses pairs, elle est également une femme engagée, qui n'hésite pas à donner de sa personne pour les causes qui lui tiennent à coeur. Mais elle est également connue pour son franc-parler, elle qui n'a jamais eu peur d'évoquer avec franchise son passé difficile. La comédienne a en effet connu la rue, où elle a été victime de violences sexuelles, et où elle a connu la prostitution. Elle a également été droguée, même si elle a réussi à retrouver sa sobriété.

Vidéo. La Minute de Corinne Masiero

Des difficultés qui ne la définissent pas

Comme toutes les personnes qui ont souvent évoqué leurs traumatismes passés, ou leur passé difficile, Corinne Masiero est régulièrement interrogée sur sa vie de sans-abri, ses avortements ou encore sur la drogue et la prostitution. Dans une interview accordée à Kaizen, elle dénonçait toutefois le côté réducteur de cette façon de la présenter comme le visage de la "résilience" : "Mon parcours, ne se résume pas à la came et au tapin. D’autres choses m’ont créée et m’ont forgée, sinon je ne serais pas là à vous parler."

La star de France Télévisions est en effet une féministe affirmée, mais aussi engagée en politique depuis ses 11 ans, végétarienne engagée dans la lutte pour le bien-être animal, ainsi qu'une écologiste qui a renoncé à sa passion pour les vêtements pour des questions d'éthique. Bref, une personnalité dotée de multiples facettes, moins souvent mises en avant, car moins tapageuses, sans doute.

La comédienne l'affirme : "Je ne suis pas un cliché. Je ne revendique rien pour personne. Si des gens prennent mon parcours comme modèle, ça leur appartient. Mais bien sûr que la résilience, ça me parle, parce que j’en suis un des produits. Il y a beaucoup à dire sur la résilience ; des gens ne peuvent pas y accéder. C’est le fruit d’un certain travail sur soi, et on n’a pas tous la possibilité de le faire. La résilience ne peut exister qu’avec un réseau de gens autour de soi, dans la vie de tous les jours, des gens qui tendent la main à un moment."

L'importance du soutien

Corinne Masiero en est persuadée : s'en sortir tout·e seul·e n'est pas toujours chose possible, et elle ne cache pas sa reconnaissance envers les gens qui l'ont aidée : "J’étais avec des gens qui faisaient du théâtre, qui m’hébergeaient, me trouvaient des jobs. Je les ai accompagnés pour donner un coup de main, charger des camions. Et pendant qu’ils répétaient, la metteuse en scène nous a proposé de venir avec eux faire un échauffement corporel. Donc je suis montée sur le plateau. Je ne connaissais pas cet univers."

Suite à cette expérience, elle convainc la metteuse en scène de lui confier un rôle, et depuis, elle n'a "jamais arrêté de jouer" : "Ces 20 minutes de ma vie ont tout changé."

Pragmatique, l'interprète de "Capitaine Marleau" rappelle toutefois que "se bouger le cul" n'est pas toujours suffisant pour réussir : "Parfois, on est dans un état personnel, psychologique ou physique, qui ne le permet pas. On peut aussi faire partie d’une frange de la société qui ne le permet pas, car on n’a pas les codes. Je viens d’un milieu prolo. Il n’y avait pas d’artistes dans ma famille. Ce n’était pas un truc envisageable. Le vrai métier, c’était travailler à l’usine ou, au mieux, monter un magasin. Le reste, c’était pour les bourges." D'où l'importance du soutien des autres : "On ne peut pas toujours se bouger le cul tout seul ; c’est important d’avoir des gens autour de soi qui nous montrent d’autres choses, pour prendre de nouvelles habitudes."

Vidéo. “Le flingue sur la tête” : Corinne Masiero agressée physiquement et sexuellement, son témoignage choc

A lire aussi

>> Corinne Masiero dénonce la prolophobie : "À 12 ans, on me disait que mon accent était sale"

>> Corinne Masiero victime de violences sexuelles : elle explique "l'effet de sidération" qui touche les victimes

>> Corinne Masiero, son "problème de riche" après avoir connu la rue