Largué.e, délivré.e : "Quand il m’a dit que c’était fini, j’ai cru que c’était une blague et j’ai éclaté de rire"

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Largué.e, délivré.e :
Largué.e, délivré.e :

Vous vous rappelez de ce sentiment de vide quand il ou elle prononce l’irrévocabilité ? Pourtant, les ruptures, si elles peuvent apparaître insurmontables, nous apprennent toujours. Largué.e, délivré.e raconte ces moments de la vie où il a été question de se réinventer pour vivre une vie plus belle encore.

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Julia est une femme au caractère entier : "Je me souviens très bien du moment où j’ai appris que mon histoire d’amour de trois ans s’arrêtait. J’étais assise dans le canapé, en survêtement parce que je m’étais changée après être rentrée du travail, j’avais allumé la télé pour regarder une série. J’aurais très bien pu avoir un paquet de chips ouvert entre les cuisses, mais bon ce n’était pas le cas donc l’honneur est presque sauf. Je ne faisais attention à rien de ce qui se passait autour de moi, tellement j’étais épuisée et j’avais besoin de souffler. Il s’est assis à côté de moi sans rien dire. Je lui ai demandé ce qu’il voulait dîner ce soir-là et il ne m’a pas répondu. Quand il m’a dit que c’était fini, j’ai cru que c’était une blague et j’ai éclaté de rire."   

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Une rupture aussi inattendue que rapide

Elle raconte avec l’ironie qui fait son charme : "Il était très sérieux. Il avait préparé une sorte de petit discours pour expliquer ce qu’il ressentait. Il m’a raconté qu’il se sentait seul depuis longtemps, qu’il n’était pas épanoui dans notre couple, qu’il avait besoin de prendre ses distances. Des trucs qu’on entend dans les films et qui ne veulent pas dire grand-chose. Je me souviens surtout qu’il parlait vite pour ne pas que je puisse l’interrompre. J’ai tenté deux ou trois blagues parce que c’est ce que je fais et il m’a regardé avec un air choqué. Alors j’ai fermé ma bouche jusqu’à ce qu’il ait fini. J’ai l’impression que ça a duré des heures, mais en réalité ça a dû être plié en 30 minutes. Ensuite, il a été chercher un sac qu’il avait préparé à l’avance et il est parti. Je ne me suis même pas levée pour lui dire au revoir ou tenter un câlin ou une bise ou je ne sais pas ce qu’on fait dans ces moments-là. J’étais juste restée comme une dinde dans le canapé avec mon survêtement et mon coca. J’ai entendu la porte se fermer et ça m’a mise dans une colère folle. J’ai trouvé tout ça super injuste."

De la colère au déni

La jeune femme se laisse emporter par ses émotions : "La colère, ça a duré pendant des semaines. Je ne voulais pas entendre parler de lui, je l’ai rayé de ma vie. Les premiers jours, j’ai jeté dans des grands sacs poubelle toutes les affaires à lui qui restaient à l’appart et toutes les photos qui traînaient. J’ai fait un grand vide. Et puis quand ça a été fait, je crois que je suis rentrée dans une phase de déni. J’avais des potes qui venaient me voir pour vérifier si j’allais bien et je réagissais comme si je n’étais pas en pleine séparation, comme s'il n’y avait eu personne dans ma vie les années d’avant. Je me retrouvais à jeter un verre sur le sol ou à claquer une porte pour stopper net les phrases qui ne me plaisaient pas ou les conversations avec lesquelles je n’étais pas confortable. Ils ont vite compris qu’il ne fallait plus en parler du tout et qu’il fallait juste me laisser le temps."

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Six mois pour réaliser qu'il est parti

Elle met des mois à voir la tristesse l’envahir : "Les larmes, c’est arrivé presque 6 mois après. Je l’ai croisé lui dans la rue dans mon quartier. Je pense qu’il était venu faire des courses, mais je n’en sais rien. Il était seul et je l’ai vu d’assez loin pour me cacher vite et qu’il ne me calcule pas. Je l’ai regardé pendant quelques minutes marcher dans la rue avec son sac. Je l’ai trouvé beau. C’est quand je suis rentrée chez moi que les larmes ont coulé. Quand j’ai claqué la porte et que j’ai entendu le même bruit qu’il avait fait lui, en partant."

Une rupture qui lui a rendu service

Peu à peu, Julia retrouve l’envie de reprendre sa vie là où elle l’avait laissée : "Après les larmes, ça a été mieux. Je n’en ai parlé qu’à une poignée de personnes, mais j’ai recommencé à faire des projets. Je me suis prévu des vacances en solo, j’ai postulé pour un autre travail. Le but n’a jamais été de le reconquérir, mais de m’offrir une meilleure vie à moi. Ça fait six mois maintenant depuis le jour des courses et je vais beaucoup mieux. En septembre, je vais enfin commencer un autre travail où je devrais être mieux. J’aurais fini par le faire, mais certainement beaucoup plus tard. Quelque part, je le remercie de m’avoir donné un coup de pied aux fesses pour que j’arrive à me lancer. J’aurais aimé partager ça avec lui, mais je respecte le fait qu’il ai eu besoin de prendre ses distances. C’est con à dire, mais je lui souhaite d’être heureux."

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