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"Il me trompait avec elle depuis ce fameux plan à trois" : pourquoi le plan à trois peut parfois s'avérer surcoté

"Il me trompait avec elle depuis ce fameux plan à trois" : pourquoi le plan à trois peut parfois s'avérer surcoté <p>Crédit : Getty</p>
"Il me trompait avec elle depuis ce fameux plan à trois" : pourquoi le plan à trois peut parfois s'avérer surcoté

Crédit : Getty

Chaque année, la liste des plus grands fantasmes des Français est dressée par différents organismes, et à force, elle ne surprend plus grand monde. Parmi les fantasmes les plus populaires, on retrouve encore et toujours le plan à 3, qui semble séduire aussi bien les hommes que les femmes. Du moins, jusqu'au jour où ces derniers passent à la pratique. Car en réalité, le plan à 3 n'est pas toujours le fantasme le plus apprécié par celles et ceux qui l'ont pratiqué.

Selon le Sexreport 2022 Amorelie, un sondage réalisé en France sur un échantillonnage de personnes âgées de 16 à 65 ans, en collaboration avec Trend Research, le plan à trois est le fantasme numéro 1 des Français en 2022. Quelle que soit la configuration (trois hommes, trois femmes, deux hommes et une femme, deux femmes et un homme), c'est un fantasme somme toute assez classique, et pas si difficile que cela à mettre en place.

Et visiblement, ça marche puisque selon une étude publiée par The Archives of Sexual Behavior, menée sur 276 couples, 217 hommes seuls et 59 femmes seules, 87,8 % des sondés disent avoir atteint l'orgasme durant cette expérience. Seuls problèmes pointés par Ashley E. Thompson, autrice de l'étude, les hommes sont majoritaires dans cette vision très positive de l'expérience, et l'enquête a été menée exclusivement sur des personnes "cisgenres, hétérosexuelles et volontaires pour me parler de leur dernier plan à trois", ce qui biaise forcément les résultats. Car en pratique, les histoires de plan à 3 désastreux sont légion. Et ce sont vers ces personnes que nous avons décidé de nous tourner pour déterminer si le plan à trois n'était pas un fantasme, au final, assez surcôté.

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"Je l'ai fait pour faire plaisir à mon mec, ce n'était pas une bonne idée"

Lucille* n'est pas une novice en matière de plan à trois. "J'ai fait mon premier à l'âge de 17 ans, de manière totalement improvisée. Une copine et moi avions flashé sur le même mec, on lui plaisait toutes les deux, on a commencé à se chauffer à trois et c'était formidable. D'ailleurs, tous mes plans à trois qui se sont bien déroulés se sont passés dans ces conditions : ils n'étaient pas préparés." La jeune femme, bisexuelle, en a bien conscience : "Quand je dis à un mec que je suis bi, son premier réflexe c'est de se dire qu'il a gagné le jackpot et qu'on va pouvoir s'éclater avec d'autres nanas."

En général, elle refuse ce type de plan. Mais, dans une relation à long terme, elle a fini par craquer. "On s'est fait draguer par une amie de mon mec qui passait son temps à essayer de me rouler des pelles en soirée, à me dire que j'étais belle... Je pensais sincèrement que je lui plaisais, et j'étais flattée. C'est elle qui nous a proposé un plan à trois en disant qu'elle nous faisait confiance. J'étais moyennement chaude, mais mon mec était bouillant. On en a pas mal parlé, il a beaucoup insisté, et j'ai finalement accepté. Mais je me suis sentie un peu forcée. J'aurais dû voir le red flag, à l'époque..."

Dire que ce plan à trois s'est mal déroulé serait un euphémisme. "Le jour J, tout commence bien, on se roule des pelles, on s'installe... Puis je réalise très vite que la nana se crispe à chaque fois que je la touche, qu'elle ne me touche pas, ou alors seulement en regardant mon mec pour voir si ça lui fait de l'effet. J'ai commencé à me sentir très mal à l'aise, et j'ai voulu tout arrêter. Je suis allée prendre une douche pendant qu'ils prenaient une bière, et à mon retour, ils étaient en train de baiser sur le canapé. Clairement, ce n'était pas moi qui l'intéressait, contrairement à ce qu'elle m'avait assuré. Après son départ, mon mec s'est platement excusé, et elle ne m'a plus jamais adressé la parole. Et quand lui et moi nous sommes séparés, j'ai appris par quelqu'un de son entourage qu'il me trompait avec elle depuis ce plan à trois. Bon débarras, mais ça m'a vaccinée de ce type d'expérience."

"J'étais partie pour un plan à trois torride, j'ai eu deux plans à deux médiocres"

Lucille n'est pas la seule à se dire que finalement, les plans à trois qui impliquent des personnes hétérosexuelles ne sont pas les meilleurs. Valérie* a elle aussi connu une expérience assez décevante, avec deux hommes cisgenre hétérosexuels. "En 2012, en boîte, j'ai rencontré deux beaux mecs, un pilote de ligne et un qui bossait dans le marketing. On en vient à parler de cul, et ils me disent que le plan à trois est leur fantasme. Je leur propose qu'on le réalise ce soir, et on finit donc chez l'un des deux gars."

Seulement voilà, mis devant le fait accompli, les deux hommes ont eu plus de mal à se mettre dans l'ambiance. "À chaque fois qu'ils se frôlaient, bam, c'était la débandade. Ça a duré comme ça pendant une heure et demi, avant que ça se termine en "Toi d’abord, je passe ensuite". Moi j’étais partie pour un plan à trois torride, je me suis retrouvée avec deux plans à deux juste médiocres. Heureusement que j’ai redressé la barre (sans mauvais jeu de mots) avec par la suite des plans à trois avec des meufs, avec qui c’était juste parfait."

Caroline* a eu le même type d'expérience : "À la base, j'avais voulu tester pour découvrir des nouvelles choses dans ma sexualité. Le plan à 3, c'est un peu classique et libéré sans tomber dans la partouze. Mon premier, c'était à 18 ans, avec ma meilleure pote de l'époque, on s'était toujours dit qu'on testerait ensemble, et on s'est retrouvées un peu par hasard avec un mec avec qui on avait sympathisé, on a fait un strip-poker, et de fil en aiguille, on a couché ensemble tous les trois", raconte-t-elle. À l'époque, la jeune femme n'avait pas réalisé qu'elle était lesbienne : "Je croyais encore que j'étais bi, et je continuais à coucher avec des mecs. Je m'attendais à quelque chose un peu en osmose, mais en fait pas du tout. Il n'y avait rien entre ma pote et moi, c'était platonique, et le fait de la voir se faire tringler, ça ne me faisait rien. Résultat, c'était plutôt le mec qui se faisait plaisir, donc pas terrible. Je pense que cette configuration fait plus plaisir au mec qu'aux meufs."

D'ailleurs, sa seconde expérience d'un plan à trois n'a pas été meilleure : "À 24 ans, j'ai fait un plan avec deux personnes que je ne connaissais pas. J'étais plus intéressée par la meuf, en fait le mec je ne voulais même plus qu'il soit là, mais il s'est senti délaissé. Au final, on s'est tous endormis, et quand je me suis réveillée, ils étaient en train de baiser à côté de moi dans le lit..." Pas l'expérience idéale, donc.

"Si t'as pas une tendance au voyeurisme, ça ne marche pas pour tout le monde"

Parmi les témoignages recueillis, les plans à trois mixtes ne semblent pas avoir remporté l'unanimité auprès des femmes, mais qu'en pensent les hommes ? Globalement, ces derniers rapportent nettement moins de mauvaises expériences. Est-ce parce qu'il s'agit au final d'un fantasme très hétérocentré, anglé vers le plaisir masculin ? Lucille en est persuadée. "Quand c'est deux meufs et un mec, le mec est tout content de pouvoir se taper deux nanas à la fois. Quand c'est deux mecs hétéros et une meuf, il y a un côté domination que je trouve parfois un peu malsain." Isaac*, lui, le confirme : "Quand il y a des personnes hétéros impliquées dans un plan à trois, ça limite forcément les interactions. Il y a un petit côté "chacun son tour" qui n'est pas très agréable."

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Cet homme bisexuel a eu l'occasion de tester plusieurs configurations de plan à trois, et il est formel : "Il y a toujours cette idée que tu retrouves dans le porno, où tout le monde interagit en permanence avec tout le monde, ou alors où les deux femmes sont entièrement concentrées sur l'homme. En réalité, j'ai plus eu l'impression que les interactions se font quand même deux par deux, avec quelqu'un qui est à côté sans trop savoir quoi faire. Si t'as pas une tendance au voyeurisme, ça ne marche pas pour tout le monde." Il confirme : "Prendre un peu de recul et regarder ce qui se passe sous tes yeux, c'est super cool, mais c'est pas vraiment l'idée que tu te fais du plan à trois en tant que tel." Et finalement, c'est peut-être ça le problème : plus que le plan à trois en tant que tel, les gens qui fantasment sur cette pratique ont peut-être juste la mauvaise idée de ce à quoi ça va ressembler.

* Dans un souci d'anonymat, les prénoms ont été modifiés.

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