Sexe et politique : "Coucher avec une personne de droite, c'est coucher avec l'ennemi"

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The man and woman in suits playing in the bed

Les sexualités peuvent-elles être politiques ? Pour certaines personnes, cela ne fait aucun doute. Nombreuses et nombreux sont les militant·e·s à refuser de partager le lit d'un opposant politique, dont les valeurs seraient opposées aux leurs. Les concerné·e·s nous expliquent pourquoi.

Sur quels critères choisit-on un partenaire sexuel ? Si la beauté a longtemps été en tête de liste, les évolutions de la société poussent de plus en plus de personnes à repenser leur rapport au sexe comme une force politique et sociale. C'est notamment le cas des femmes qui font "la grève de l'hétérosexualité", de celles qui refusent de coucher avec leur partenaire tant qu'il ne fait pas sa part des tâches ménagères... Et des personnes qui s'interdisent d'avoir des partenaires sexuels dont les idées politiques sont totalement opposées aux leurs.

"Coucher avec une personne de droite, c'est coucher avec l'ennemi"

De plus en plus de féministes revendiquent le fait de faire un choix politique en refusant de coucher avec des hommes qui votent à droite, ce qui a tendance à énerver les concernés : "Je trouve ça très discriminant de refuser de coucher avec quelqu'un juste en raison de son orientation politique", reproche Dimitri*. Cet argument, Alice* s'en fout : "Non seulement je fais ce que je veux de mon cul, mais en plus, si ce mec pense ça, c'est qu'il ne sait absolument pas ce que c'est que la discrimination."

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La jeune femme, bisexuelle, l'affirme : "Je rencontre la majorité de mes partenaires sur les applications de rencontres, et je suis très prudente à ce niveau-là : si la personne est de droite, il n'y a pas moyen que je valide son profil, même si c'est la plus belle personne du monde. Pour moi, cela reviendrait à coucher avec l'ennemi." Elle précise : "En tant que femme féministe et racisée, je représente tout ce que détestent bon nombre de gens de droite. Donc je ne me vois pas partager un moment d'intimité et de vulnérabilité avec quelqu'un comme ça. Quelqu'un qui dans le fond déteste tout ce que je suis, et qui souhaiterait du mal à mes ami·e·s."

"Dès qu'un mec de droite ouvre la bouche, je perds tout désir pour lui"

Louison* est très claire à ce sujet : "J'essaie au maximum d'éviter de coucher avec des gens de droite, mais de toutes façons, à partir du moment où ils se mettent à parler, mon désir pour eux fout le camp comme un chat terrorisé par un concombre." Un avis partagé par Paloma*, qui a le même type de réaction : "Les gens de droite disent des trucs de droite. Donc je vais vouloir répondre. Ça va tourner en débat. Est-ce que du sexe vaut le coup de dépenser cette énergie que je n'ai pas, ou pire, de me 'taire', ce que je ressentirais comme une violence ? Certainement pas."

Par ailleurs, tout comme Alice, elle refuse de fréquenter des personnes dont les valeurs sont intrinsèquement opposées aux siennes : "Les gens de droite sont de droite. Ils ont, et valident activement, une vision du monde qui favorise, à mon avis, les rapports de pouvoir et les oppressions (sexistes, racistes, validistes, tout ce qui est systémique en fin de compte) - ne serait-ce qu'en ne les reconnaissant pas. Ça ne veut pas dire que les gens de gauche sont 100% safe et exempts de comportements de domination. Mais clairement, je me sentirais en danger de base avec quelqu'un de droite." Et de conclure : "J'estime être en droit d'attendre une certaine rectitude morale de la part de mes partenaires et que quand on est de droite, on ne rencontre définitivement pas mes critères."

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La droite n'est pas (tout à fait) en reste

Si la majorité des personnes affirmant ne pas coucher avec des personnes d'un parti politique opposé sont des gens de gauche, quelques personnes de droite ont également décidé de faire du tri dans leurs conquêtes. C'est notamment le cas de Louis*, qui explique : "Les coups d'un soir, ce n'est pas mon truc. Je cherche à construire quelque chose de concret, et toutes mes partenaires sexuelles doivent donc être du même bord politique que le mien, car je pense que cela a une place importante dans le couple en général. En particulier si l'on décide d'avoir des enfants."

En effet, pour ce dernier, pas question de coucher avec une "femme qui vote à gauche". Pourquoi ? "Je ne suis pas spécialement pour l'équité, j'estime normal que les hommes et les femmes soient traités différemment. Par ailleurs, je suis plutôt patriote, ce qui n'est pas le cas d'une bonne partie des gens de gauche." L'homme précise également ne pas être "du tout d'accord avec les idées progressistes en général" : "Par exemple, je suis contre le mariage homosexuel. Pour moi, un mariage, c'est une union devant Dieu entre un homme et une femme. Je suis également contre le langage inclusif, ou le fait que l'on impose des quotas de femmes ou d'étrangers dans les entreprises, au lieu de laisser sa chance à tout le monde." Des priorités différentes, donc.

* Dans un souci d'anonymat les prénoms ont été changés

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