Journée Internationale des hommes : près d'un homme sur deux a déjà souffert de pression sexuelle

Katia Rimbert
·Journaliste
·3 min de lecture

Que sait-on vraiment de la sexualité des hommes ? Pas grand-chose, quand on y réfléchit, puisque le sujet reste très peu évoqué par les principaux intéressés. À l’occasion de la journée internationale des hommes, ce 19 novembre 2020, il est grand temps de déconstruire les idées reçues et de donner un grand coup de pied dans les injonctions en matière de sexualité masculine.

La sexualité masculine est aussi vaste que méconnue. Alors que le culte de la performance, le fantasme de la taille du pénis et les injonctions sont encore (malheureusement) bien présentes dans notre société, il n’est pas toujours évident de savoir réellement ce que pensent les hommes… Et ce qu’il se passe dans leur intimité. Passage du Désir, une enseigne dédiée au bien-être et à la sexualité, a compilé des chiffres clés pour faire valser les tabous et briser les clichés.

VIDÉO - Découvrez le témoignage de Julien, qui a décidé de faire une vasectomie :

La pression de la performance

En premier lieu, on se rend compte que les hommes subissent une grande pression sexuelle. Et pour cause, ils sont près de la moitié (44%) à avoir “déjà soufferts de devoir être sexuellement performants”. Cette quête du “résultat” (c’est affreux comme mot, mais vous avez compris l’idée) n’est pas la seule injonction dont ils sont victimes, loin de là puisque la durée des rapports ou encore celle de l’érection sont autant d’éléments qui feraient la réussite d’une partie de jambes en l’air. Enfin, c’est ce que la société patriarcale leur a mis dans le crâne.

VIDÉO - Qu’est le stealthing, cette agression sexuelle commise par certains hommes ?

Concernant le plaisir sexuel, là aussi les chiffres parlent d’eux-mêmes. 42% de la gent masculine révèlent avoir déjà simulé un orgasme pendant un rapport sexuel tandis que 24% n’ont pas d’orgasmes avec leur.s partenaire.s et n’osent pas en parler. Problème : sans communication, il est difficile d’améliorer les choses. Quant aux sextoys, si leurs ventes ont explosé depuis le confinement, une grande majorité de ces messieurs (81%) avoue n’avoir jamais utilisé de jouet érotique en solo alors qu’ils sont près d’un sur deux (45%) à les utiliser avec leur.s amant.e.s. Mais lorsqu’on leur pose la question, 80% d’entre eux seraient d’accord pour tester un jouet pour adulte “si c’est leur partenaire qui leur offrait”. Preuve que ces gadgets sont encore très tabous du côté de ces messieurs.

Une évolution des mentalités... Et des pratiques

Fort heureusement, il y a aussi quelques points positifs. On remarque en effet que les pratiques sexuelles ont évolué puisque 47% des hommes se définissant comme hétérosexuels ont déjà “reçu une pénétration anale”. Preuve que ce type d’acte sexuel (que ce soit par un doigt, un pénis ou un sextoy) n’est plus vu comme déterminant une orientation sexuelle. On avance ! De même, 72% affirment que la pénétration n’est pas indispensable au cours d’un rapport sexuel tandis que 70% pensent que ce dernier ne se termine pas avec l’éjaculation.

VIDÉO - Les problèmes d’érection, un sujet encore tabou pour les hommes :

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