Largué.e, délivré.e : "J’ai eu besoin de cinq ans de thérapie pour réaliser que j’étais libérée"

Lucile Bellan
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Largué.e, délivré.e :
Largué.e, délivré.e :

Vous vous rappelez de ce sentiment de vide quand il ou elle prononce l’irrévocabilité ? Pourtant, les ruptures, si elles peuvent apparaître insurmontables, nous apprennent toujours. Largué.e, délivré.e raconte ces moments de la vie où il a été question de se réinventer pour vivre une vie plus belle encore.

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Lana a désormais le sourire aux lèvres quand on lui demande comment elle va. Mais elle se rappelle d’une période de sa vie où ce n’était pas le cas : "Pendant les quatre ans de notre relation, je n’ai fait que m’éteindre. Il n’était pas maltraitant dans le sens où il ne me frappait pas, mais j’avais peur de lui et de ses réactions. Je faisais tout pour éviter le conflit et j’étais constamment en état de stress".

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"J’avais le sentiment, à l’époque, de tout investir dans mon couple"

Pendant des mois, ses proches tentent de l’alerter sur la situation : "Les premières fois que des amis ont essayé de me dire que ce n’était plus possible de continuer, je me suis mise en colère. J’avais le sentiment, à l’époque, de tout investir dans mon couple. On avait des projets ensemble. Je ne me voyais pas tout jeter à la poubelle parce que j’avais parfois un petit coup de mou. Je suis très reconnaissante envers mes amis aujourd’hui, parce qu’ils ont continué à me soutenir malgré mon refus de voir la vérité. Et quand mon ex a décidé de me quitter parce qu’il avait rencontré quelqu’un d’autre, ils ont été là pour moi".

Quand Lana apprend que son compagnon la quitte pour une autre femme, elle est sous le choc : "J’ai été découragée, ça m’a sciée en deux. J’ai eu l’impression qu’il n’y avait rien d’autre en dehors de notre histoire, que je n’avais pas de vie, pas de corps en dehors de nous. À l’extérieur, je ne pouvais être que transparente. C’est dans cet état de grande confusion que j’ai été récupérée par un couple d’amies. Elles m’ont installée dans le bureau, dans leur canapé-lit et elles ont patiemment attendu que je traverse toutes les phases, à mon rythme. Au début, je pleurais toute la journée. Après, j’ai été en colère et puis aussi découragée. Quand je me suis sentie tout à fait vide, elles ont proposé que je commence à voir un thérapeute. C’était le meilleur conseil qu’on m’ait jamais donné".

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La célibataire se lance alors dans la recherche de la personne idéale pour entendre son histoire : "J’ai vu cinq personnes pour un premier rendez-vous. Mais je voulais faire les choses bien alors je ne me suis pas attachée à quelqu’un qui ne m’inspirait pas totalement confiance. La sixième personne était la bonne. C’est une femme, juste un tout petit peu plus âgée que moi, et elle dégage une sorte d’aura de sérénité qui m’a tout de suite plu."

"J’ai eu besoin de cinq ans de thérapie pour me sentir libérée. Maintenant je me rends compte que j’ai passé plus d’années à parler avec elle qu’à souffrir avec mon ex. Ça me rend heureuse, c’est bien le signe que tout ça est derrière moi. Je n’ai plus jamais peur de parler en public, je n’ai plus du tout envie de m’investir dans une relation qui n’est pas équilibrée et qui ne me rend pas heureuse. Et je continue ma thérapie parce que ça me fait du bien. C’est ça que j’ai appris de toute cette histoire : j’ai appris à me faire du bien."

"J'ai tenté de reprendre le contrôle sur ma vie amoureuse"

Lana ne dort plus sur le canapé-lit de ses amies depuis quelques années déjà et a recommencé à voir des hommes également : "J’ai pris un petit appartement après la première année de thérapie. Avant, je dormais donc chez mes amies, ce qui nous donnait l’impression de partager une colocation. Je m’éclipsais quand elles avaient besoin de plus d’intimité. Et c’est à peu près à la même période que j’ai tenté de reprendre le contrôle sur ma vie amoureuse. Je me suis inscrite sur une application de rencontre. J’ai eu quelques rendez-vous. Mais l’homme avec qui je suis aujourd’hui, je l’ai rencontré au travail. On n’habite pas ensemble parce que je suis heureuse d’avoir toujours mon chez-moi. Et chaque fois qu’on se voit, c’est comme une fête, je suis excitée comme une gamine à Noël. Je ne croyais pas que c’était possible mais ça fait deux ans que ça dure et je compte bien en profiter un maximum."

Lana est heureuse, épanouie et amoureuse. Et elle souhaite partager à toutes et tous un conseil : "Faites une thérapie. Même si vous avez le sentiment que vous n’en avez pas besoin, je vous assure que vous avez forcément quelque chose à dire, et un poids quelque part qui ne demande qu’à être détaché".

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