On n'en a pas fini avec la diet culture parce que maintenant il y a l' "anti diet culture", ce qui est presque pire

·Journaliste
La diet culture n'a pas disparu, loin de là.
La diet culture n'a pas disparu, loin de là. Crédit : Getty

Il serait temps de s’attarder sur l’hypocrisie autour du mouvement dit "anti diet culture", que l’on retrouve notamment sur Instagram. Ces comptes promeuvent l'acceptation de soi, le plaisir et l'importance de manger, tout en exploitant les ressorts de la culture des régimes.

Il y a quelques semaines, mon père a suggéré que l’on fête la victoire de son équipe de foot fétiche autour d’un dessert et d’une petite coupe de champagne. C’est une équipe qu’on adore et qui nous le rend bien en perdant tous les matchs cruciaux. Alors une victoire décisive, ça se fête. Mais là, panique, il faut choisir UN dessert. Mon côté drama queen dira que le dilemme de ma vie est de ne choisir qu’UN SEUL dessert. Ma petite soeur propose de préparer un fondant au chocolat à la noix de coco. Ça m’interpelle à plusieurs niveaux : déjà, nous sommes des Italiens assez basiques. Nos desserts varient du tiramisu à tout autre chose fourrée à la ricotta. Le fondant au chocolat n’a jamais fait partie de nos moeurs familiales.

Depuis quelque temps, je remarque que ma cadette dépense un max de blé dans des produits diététiques qui vont de la pâte à tartiner à des préparations toutes faites de bowlcakes protéinés. Elle prend des compléments alimentaires et des "draineurs", bref l’attirail de la meuf au régime. Mais attention, elle ne dira jamais qu’elle est au régime parce que c’est une femme bien de son temps qui a intégré le précepte du "être au régime c’est so 2000". Non, aujourd’hui, "on mange sainement tout en se faisant plaisir.".

Vous savez ce que c’est ? C’est de la diet culture déguisée. Mais on y reviendra très vite car c’est un peu l’objet de cet article.

Instagram, le royaume de l’hypocrisie

Même si je connais déjà la réponse, je lui demande où elle a trouvé sa recette. Et là, je fulmine… En ce moment, j’ai un compte dans le collimateur (et non, je ne vais pas le balancer, parce que ça serait en faire la promotion).

On parle d’une jeune femme de 30 ans qui a perdu du poids après ses deux grossesses. Quotidiennement, elle dispense des conseils pour "faire la paix avec son corps". Ce qui signifie "en mangeant sainement et en ne se privant pas". Tous les jours, elle partage des photos de ses repas en story en y indiquant les calories et les macronutriments. L’Instagrameuse est suivie par un coach, alors qu’elle-même opère une réorientation professionnelle pour devenir coach. Elle partage également toutes ses séances de sport (une séance de sport par jour) et explique que malgré son quotidien de mère, elle trouve le temps d’aller à la salle parce qu’elle en a besoin pour "sa santé mentale". À la fin de chaque séance, elle partage une photo de sa montre connectée lui indiquant le nombre de calories dépensées.

Ces comptes de coachs amateurs pullulent sur Instagram. Personnellement, dès que j’ouvre mon interface, je plonge dans un océan de posts et autres réels sur le fitness. Tous ces comptes martèlent quotidiennement des injonctions telles que "surveiller ses calories", "faire suffisamment de sport pour dépenser ce qu’on a mangé", non pardon "pour sa santé mentale" ! Je ne dirais pas que tous ces comptes font l'apologie de l'orthorexie, cette recherche obsessionnelle du manger sain, qui peut se traduire en troubles de l'alimentation. Dans un article du site Stratégies consacré au rôle des réseaux sociaux dans les troubles du comportement alimentaire, Nathalie Godart, pédopsychiatre et présidente de la Fédération française anorexie boulimie (FFAB), estime que "ces comptes, parfois tournés vers le coaching alimentaire , entraînent un envahissement de la pensée par l'alimentation." S'il est périlleux de décréter que ces comptent mènent à l'orthorexie, Nathalie Godart explique qu'ils créent une nuisance qui envahit la pensée.

"Maman de deux petites filles, je suis heureuse et généreuse (en partageant mes petites recettes plaisir avec vous). Je fais du sport et je mange de façon saine et gourmande" est la nouvelle diet culture. Une forme encore plus insidieuse que la précédente.

"La diet culture est ancrée en nous"

Avant d’aller plus loin dans l’argumentaire, il convient de définir ce qu’est la culture dite du régime. La nutritionniste et journaliste américaine Christy Harrison s’est spécialisée dans les thématiques liées aux troubles du comportement alimentaire, après en avoir développé. Dans le podcast canadien "On s’appelle et on déjeune" de Catherine Lefebvre et Bernard Lavallée, Christy Harrison explique que c’est à 20 ans que ses troubles sont apparus. Elle est étudiante en journalisme et cherche des sujets sur la nutrition, et plus précisément sur l’alimentation dite "saine" : "J’étais obsédée par l’alimentation parce que je ne mangeais pas à ma faim". C’est le serpent qui se mord la queue. Plus elle s’intéresse à des façons "saines" de se sustenter, plus elle creuse le trou de son mal-être. Elle expliquera par la suite avoir entamé des études de nutritionniste et avoir découvert l’alimentation intuitive, sa planche de salut. Elle est aujourd’hui l’une des gourous de l’alimentation intuitive et démystifie les effets néfastes de la diet culture. Nul ne sait si Christy Harrison n’a pas enjolivé l’histoire pour sa communication personnelle.

Peu importe, ce qui nous intéresse, c’est sa définition de la diet culture, qu’elle énonce dans son livre "Anti-régime - Découvrez l’alimentation intuitive et faites la paix avec votre corps", devenu le manuel de référence pour dénoncer le système marketing autour des régimes. D’après elle, la diet culture est "un système de croyances qui promeut la perte de poids comme un moyen d’atteindre un meilleur statut social."

Le système s’appuie sur quatre piliers :

1. Il encourage la minceur et la musculature, qui sont associées à la santé et à la vertu morale.

2. Il fait la promotion de la perte du poids et du remodelage du corps comme moyens d’accéder à un statut – moral, social, de santé – supérieur.

3. Il diabolise certains aliments et en valorise d’autres. (Les féculents sont souvent les fear eatings (les aliments bannis) des anorexiques)

4. Il opprime ceux qui ne correspondent pas à l’image valorisée (personnes corpulentes, racisées, handicapées, etc.).

Dans le podcast "On s’appelle et on déjeune", Christy Harrison énonce les signes qui montrent que l’on est happé par cette culture. Elle donne deux exemples :

  • Se regarder dans un miroir et se "maudire"

  • Diaboliser certains aliments et se sentir coupable quand vous les mangez.

Attardons-nous sur ce dernier exemple : "diaboliser certains aliments et se sentir coupable d’en manger". Bon alors là, c’est on ne peut plus clair : la proportion de personnes qui ne culpabilisent pas en mangeant gras et sucré est infime. La diet culture est pratiquement ancrée en nous.

Si je me fie à l’Instagram de cette "mum total plaisir et zéro frustration", j’apprends dans ses stories qu’elle fait des repas légers quand elle prévoit de manger une pizza le soir et s’adonne à une bonne séance de cardio le lendemain matin pour éliminer les excès. Ah non pardon, pour "sa santé mentale". Est-ce en réalité une façon déguisée de diaboliser la pizza ? Lorsqu’elle propose une version allégée du fondant au chocolat, ne part-elle pas de l’idée que le fondant au chocolat n’est pas une nourriture adaptée à une diète ? On va encore dire que je suis de mauvaise foi…

Les origines de l’anti-diet culture

L’anti-diet culture veut donc renverser ce système de croyances…

Et la question que vous vous posez certainement est quand et comment l’anti-diet culture a-t-elle émergé ? Et si vous ne vous l’êtes pas posée, c’est que vous n’en avez rien à faire donc arrêtez peut-être la lecture de cet article…

À l’origine, ce mouvement était porté par un mouvement féministe radical, qui démontrait comment les diktats de la minceur étaient une instrumentalisation de la société patriarcale. En parallèle, d'autres voix se sont élevées pour dénoncer l’idéologie suprémaciste blanche derrière la culture du régime. Au cours de mes recherches, je découvre que c’est un mouvement féministe noir qui a dénoncé cette culture néfaste. Rappelons que parmi les fondements de la diet culture définie par Christy Harrison, il y a "la promotion de la perte de poids et de la transformation du corps comme moyens d’accéder à un statut – moral, social, de santé – supérieur."

Si l’on creuse davantage, entrer dans la culture du régime c’est essayer d’affirmer sa supériorité. Alors pourquoi ai-je évoqué l’argument de la suprématie blanche ? Lors d’un talk avec Christy Harrison, la sociologue et autrice américaine Sabrina Springs a illustré le lien. Selon elle, aux États-Unis, le désir d'être mince est né pendant la traite des esclaves. La graisse est devenue égale à la noirceur lorsque les "scientifiques" de la race blanche ont essayé de trouver des raisons pour expliquer comment et pourquoi les Noirs étaient inférieurs aux Blancs et devaient donc rester des esclaves. Ces pseudo scientifiques ont démontré que les Blancs étaient des êtres rationnels et réfléchis parce que "plus fins" grâce à un meilleur contrôle de leur appétit.

Les Noirs eux, étaient sans volonté et incapables de contrôleur leur faim. Ainsi, la noirceur est devenue associée à la paresse, à la stupidité et à l'obésité.

Derrière l’idée de "contrôler sa ligne = réussir sa vie", se cache un relent raciste. Aujourd’hui, cette idée de supériorité associée à la minceur est un des fondements de la grossophobie. L’obésité est souvent associée à un manque de volonté de se soumettre à un régime et accentue la faiblesse de la personne obèse.

Bon, vous allez vous dire que l’on s’éloigne du sujet principal. Pas tant que ça. Les représentants de la culture si décriée étaient principalement des Blancs sveltes. Et aujourd’hui ? Ceux que l’on voit sur les réseaux sont la plupart du temps des personnes blanches minces.

Ce sont ceux-là mêmes qui clament haut et fort que l’important, c’est la santé mentale. Ils vous expliquent qu’il ne faut pas se priver, vous démontrent que l’on peut être fit grâce à une alimentation "saine et gourmande" en pratiquant des séances de sport. Ils fustigent la culture des régimes mais ne sont en réalité que les représentant d’une forme dévoyée. La diet culture n’a pas disparu. Elle s’est transformée.

"La nutrition devient un objet marketing"

Une idée corroborée par Nicolas Sahuc, diététicien spécialisé dans les troubles alimentaires, et interrogé par mes soins.

"Un exemple qui me vient à l’esprit, ce sont les hommes torse nu qui donnent des conseils de nutrition. On a besoin d’être torse nu pour donner des conseils ? C’est un vrai problème. Premièrement, parce que beaucoup n’ont aucune validité scientifique et médicale. Ils n’ont que quatre heures de formation en tout. Cela montre que la nutrition devient un objet marketing."

Quant aux ressorts de la diet culture, corps svelte = réussite, ils sont exploités de la plus simple des manières : "Pourquoi ce coach en nutrition a-t-il besoin de se montrer torse nu pour donner des conseils en nutrition ?" conclut Nicolas Sahuc.

Puisque l’on vit dans une société hyperconnectée, ces nouveaux visages de la diet culture n’opèrent plus dans les cabinets mais bien sur les réseaux sociaux. Et c’est là où le phénomène revêt un caractère encore plus insidieux. Il ne s’arrête jamais. Il nous assaille dès que l’on ouvre notre application.

"Qui parle de nutrition ? Sur les RS, on se retrouve avec des émetteurs qui n’ont pas de validité scientifique et médicale. On a une démultiplication de ces personnages qui se positionnent comme des moralisateurs. Ils disent ce qu’il faut faire en se mettant au dessus des lois. Ils ne connaissent pas ces lois car la plupart du temps, ils ont une pseudo formation. C’est le hashtag qui remplace le niveau d’études. On se retrouve donc avec des moralisateurs qui n’ont fait que changer de face. Ils utilisent les mêmes ressorts mais avec un point d’appui différent" abonde Nicolas Sahuc.

"Tu acquières tes compétences un peu en écoutant un Ted Talk"

Dans le cadre de cet article, je me suis entretenue avec une ancienne "moralisatrice de la nutrition". Elle me pardonnera ce pseudonyme. Valentine*, 33 ans, est devenue coach en alimentation intuitive en vue d'une réorientation professionnelle. À cette époque, elle se questionne sur l'impact de la nourriture sur sa santé. Elle suit une formation d’un an en nourriture holistique à l’Institute For Integrative Nutrition. "J’ai fait cette formation et on te dit qu’au bout de 6 mois, tu peux commencer à être coach."

Sur le moment, Valentine ne se pose aucune question sur le bien-fondé de sa formation. "Tu apprends énormément de choses et la formation te donne l’impression de monter en compétences. En parallèle de ça, c’est une école américaine donc c’est très tourné business, croître son entreprise, comment gagner des clients,…"

Dans un premier temps, Valentine coache des clients sur des aspects marketing; "là ça allait, je ne me disais pas que ça touchait la santé des gens". Après une formation nutrition, elle rentre dans le vif. Mais très vite, la jeune femme se heurte à des cas de conscience et se sent piquée par certains aspects.

"C’est un peu le festival du TCA"

Ce qui lui saute aux yeux, c’est que les coachs en question manquent d’un réel recul et se cachent derrière une réussite personnelle toute relative. "Le coaching, c’est de la manipulation mentale, voulue certes, mais tu décides de confier les clés de ton cerveau à une personne qui va te conseiller des choses alors qu’elle manque cruellement de recul. Sur le moment, elle va te soumettre une solution alors que dans trois mois, elle se prendra un mur sur la question".

En coulisses, Valentine le constate, "c'est un peu le festival du TCA (troubles du comportement alimentaire, ndlr)" : "Les personnes qui sponsorisent des trucs sur les réseaux, exposent leur coaching, tu te rends compte que dans les faits, elles ne vont pas spécialement bien, elles ont des TCA ou des rapports malsains avec la nourriture…"

À ce manque de recul criant, s'ajoute un système pyramidal du monde du coaching. "Les coachs sont tous accompagnés d’un coach en business, des personnes qui n’ont pas de lien avec le monde de la nutrition, par exemple. Ces coachs peuvent accélérer le processus avec tous les effets de bords précédemment mentionnés : un programme qui au lieu de les ralentir, favorise les TCA… Le coach business ne va pas focaliser l’attention sur les bien-fondés des programmes proposés mais sur l’aspect business pur et dur".

Autre enseignement que tire l'ancienne coach de son expérience c’est le besoin de surmédiatiser son nouveau business : "Ils ont tous moins de deux ans d’expérience… Parce que c’est la durée de leurs allocations de chômage." Leur besoin d’envahir la scène numérique s’explique donc par un besoin vital de gagner de l’argent pour vivre. Tout simplement.

A posteriori, Valentine se dit qu’elle n’a "mis personne dans la merde" mais a pu potentiellement "ne pas aider" en conseillant des pratiques comme le jeûne intermittent. - "Ah, tiens, c'est pas une solution miracle le jeûne intermittent ?" NON ! Et j'ai l'ai expliqué en long et en large ici-même.

Les semaines passent et la future coach commence à décrocher : "Ça a créé une espèce de dissonance cognitive en moi. Entre le fait de nous faire croire qu’on est spécialiste, alors que dans le fond, tu sais que tu ne l’es pas, et le "je vais en faire un business", tu vois très vite les limites." Les limites en question portent sur les lacunes notables mais loin d’être dispensables dans les domaines de la physiologie et de la biologie. "Tu acquières tes compétences un peu en écoutant un Ted Talk" estime la jeune femme.

Elle pointe le mécanisme très insidieux du rôle de ces coachs : "On t’explique que tu peux coacher tout le monde parce que tu as une position neutre. Tu es juste là pour accueillir les frustrations des gens et les aider en les accompagnant. Pendant ta formation, on t’explique aussi que tu peux facturer cela très cher."

C'est le point qu'avait évoqué Nicolas Sahuc en fustigeant les "moralisateurs sans validité scientifique qui se positionnent au-dessus des lois" parce qu'ils ne maîtrisent pas ces lois. Valentine ajoute que cette absence de validité scientifique peut se faire payer cher. Tout va pour le mieux, vous ne trouvez pas.

L'expérience de Valentine confirme le postulat du diététicien : la nutrition est devenue un objet marketing. C'est le cas depuis de nombreuses années et ça l'est toujours aujourd'hui, même sous sa forme "bodypositive".

Vidéo. "Arrêtez de dire à quelqu'un qu'il a perdu du poids. Si ça se trouve, il a un problème"

Comment sortir de la culture des régimes ?

À la question : "Comment sortir de cette culture/enfer qui nous conditionne depuis la nuit des temps ?", je dirais... Allons bon, je ne suis pas aussi arrogante pour apporter une réponse à ce problème. Je m'en réfère donc aux autres. D'après Nicolas Sahuc, il faut essayer d'avoir une lecture intelligente des réseaux sociaux et s'en remettre au libre-arbitre de tout utilisateur.

À la manière dont nous déconstruisons les poncifs patriarcaux de notre société, nous pouvons nous interroger sur certains comportements en vue de les transformer. Inès, une jeune femme de 26 ans qui a lancé le compte Instagram @lachetonassiette, a évoqué la question lors d'un entretien qu'elle nous a accordé. Pendant de longues années, Inès a souffert d'anorexie. Selon elle, une piste pour sortir de l'engrenage de cette pensée, c'est en arrêtant les réflexions sur la prise ou la perte de poids.

"Dire à quelqu'un qu'il a perdu du poids, c'est un truc que je m'interdis de faire. Premièrement, on ne sait pas ce que cette personne traverse. Si ça se trouve, elle est dans un trouble du comportement alimentaire. Lui dire : "Wahou, c'est trop bien, t'as perdu du poids", c'est faire en sorte que la personne pense que c'est trop bien de perdre du poids et accentuer sa peur de reprendre du poids."

Inès suggère une autre voie d’issue : arrêter de juger ce que mangent les gens : "Combien de fois n’ai-je pas entendu : "Tu as un sacré coup de fourchette pour une fille mince ?"" Inès le reconnaît, il n’y a aucune note malveillante dans cette phrase. Le problème c’est que cette remarque reflète tous les relents grossophobes de notre société. "Une fille mince qui mange, c’est hyper valorisé. C’est limite hyper glamour. Sur Instagram, la mode c’est de voir ces filles minces manger des pizzas ou des burgers. Par contre, une meuf grosse qui mange des pizzas ou des burgers, c’est une fille qui se laisse aller."

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours associé la notion du bonheur à celle de la minceur. La rédaction de cet article m’a fait comprendre que ça n’était pas une croyance fomentée par mon cerveau bête et malade. La société a construit cette idée et nous sommes trop nombreux à y croire. Il faut donc détricoter l’idée que la minceur est l’autoroute du bonheur. En la déconstruisant, certaines personnes seront peut-être amenées à devoir faire la balance entre le vouloir être mince et le vouloir être heureux (les deux sont totalement compatibles, loin de moi l’idée de vouloir les opposer). Dans son livre "Confidences d’une ex-accro des régimes", Mathilde Blancal, une trentenaire guérie de troubles sévères du comportement alimentaire, a écrit : "J’ai compris une chose très importante : comme tout le monde, j’ai été conditionnée à vouloir être mince. Mais je préfère être heureuse."

*Certains prénoms ont été modifiés par souci d'anonymat

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