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Chirurgie esthétique, à la vie à la mort : "J'ai subi 17 opérations pour avoir un visage parfaitement symétrique"

Chirurgie esthétique, à la vie à la mort :
Chirurgie esthétique, à la vie à la mort : "J'ai subi 17 opérations pour avoir un visage parfaitement symétrique" © Getty Images

Un peu de botox par-ci, une augmentation mammaire par-là... La chirurgie esthétique est de moins en moins taboue. Ces opérations, longtemps cachées comme un secret honteux, sont désormais promues par les médecins qui les pratiquent comme par certaines stars et influenceurs ou influenceuses qui en ont bénéficié. À travers cette série "Chirurgie esthétique, à la vie à la mort", Yahoo tente de démystifier les raisons qui poussent les personnes à avoir recours à un acte de chirurgie, souvent irréversible, pour changer l'aspect de leur corps. Nous publierons une série de témoignages de personnes pour qui la chirurgie esthétique a changé la vie positivement ou négativement.

Si vous aussi vous voulez témoigner, vous pouvez envoyer un message à cette adresse : laetitia.reboulleau@gmail.com.

Il suffit de se regarder dans le miroir pour le constater : la plupart des visages ne sont pas symétriques. Parfois, il suffit d'un grain de beauté pour créer un décalage. D'autres fois, c'est un sourire un peu tordu, un oeil plus petit que l'autre, un sourcil plus bas. La plupart des gens remarquent à peine ces détails, d'autres apprécient ces différences. Mais pour Juliette, cette asymétrie était devenue une véritable obsession. Au point de la pousser vers de nombreuses opérations de chirurgie esthétique.

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Maquillage, injections et bistouri

"J'ai toujours eu l'impression d'avoir un sourire tordu, et ça me perturbait énormément, même petite." Aussi loin qu'elle s'en souvienne, la jeune femme, aujourd'hui âgée de 32 ans, a toujours été dérangée par le manque de symétrie de son visage. "J'aimais beaucoup mon profil gauche, mais le droit me semblait difforme. Petite, ma mère m'a raconté que je le cachais derrière mes cheveux. Elle pensait que ça allait me passer quand mon visage a commencé à s'affiner à l'adolescence, mais ça n'a fait qu'empirer."

Très vite, la jeune femme a tenté de rectifier cette asymétrie par les moyens du bord. "J'épilais mes deux sourcils différemment pour essayer d'avoir un visage plus symétrique. Je me rappelle même avoir dormi en scotchant des parties de mon visage pour qu'elles prennent le pli. Puis je me suis mise au maquillage, avec du contouring assez intense. C'était mieux, mais ça ne suffisait pas. Au contraire, plus je me penchais sur le moindre petit détail, plus je voyais tout ce qui n'allait pas."

Dès sa majorité, Juliette commence à économiser et s'offre ses premières injections. "Un peu de botox pour redresser mon nez, de quoi gonfler la partie droite de mes lèvres pour essayer d'équilibrer mon sourire", évoque-t-elle. "C'était déjà un peu mieux, mais le problème, c'est que ça ne dure pas. Alors j'ai commencé à me renseigner sur les différentes options chirurgicales, à rencontrer des médecins. En parallèle, je me suis fait suivre par une psychiatre, parce que je savais que mon obsession de la symétrie n'était pas normale. Je voulais à la fois comprendre et régler le problème, je savais que je n'accepterai jamais mon visage autrement."

17 opérations, sur plusieurs années

Le passage à la chirurgie ne s'est pas fait sans peine pour Juliette. "J'ai débarqué à mon premier rendez-vous chez le chirurgien avec une version photoshoppée de mon visage, et des flèches sur tout ce que je voulais modifier. Sa première réaction a été de rire. Il m'a expliqué que je n'étais pas la première à débarquer dans son cabinet avec un plan complet sans savoir ce que ça impliquait vraiment." La jeune femme a eu la chance de tomber sur quelqu'un de très bienveillant. "Il m'a expliqué qu'on pouvait tout modifier d'un coup, mais qu'en cicatrisant, le résultat ne serait peut-être pas aussi symétrique que dans mes rêves, parce qu'il y avait beaucoup de choses à modifier dans mon plan. Il m'a aussi expliqué les risques psychologiques, le fait que je risquais de ne plus me reconnaître dans le miroir."

Finalement, le médecin lui demande de choisir un ou deux détails de son visage "pour commencer". "Les deux premières opérations ont été de redresser mon sourire, et un micro-lifting de la paupière pour rééquilibrer mes yeux. Son objectif était de voir les premiers changements qui allaient s'opérer, de laisser le temps à la cicatrisation de faire son effet, et d'aviser par la suite. Ça m'a paru logique, expliqué comme ça, alors je me suis lancée." Les deux premières opérations vont même au-delà des espérances de Juliette : "Les opérations ont été ultra-rapides, mais le résultat est bluffant, ça changeait vraiment mon visage, il avait l'air plus droit, plus séduisant à mes yeux. J'étais ravie." Elle l'avoue : elle aurait presque pu s'arrêter là. Mais son envie d'une symétrie parfaite, voulue depuis si longtemps, a été plus forte.

"J'ai eu droit à deux opérations au niveau du nez pour le redresser, puis en modifier légèrement la forme car le premier résultat ne me convenait pas. Puis une liposuccion du menton, une opération au niveau de la mâchoire, une opération au niveau du sourcil pour en modifier la forme, au niveau de la pommette... Je crois qu'en tout, il y a eu 17 opérations au niveau de mon visage, entre chirurgie et médecine esthétique, mais aussi des tatouages, pour équilibrer mes grains de beauté et redessiner mes sourcils, ou encore les dents que j'ai fait arracher dans le cadre de l'orthodontie. Dis comme ça, c'est sûr que ça fait beaucoup."

Un visage symétrique, et zéro regret

Aujourd'hui, Juliette continue à subir régulièrement des injections de botox ou d'acide hyaluronique pour conserver un maximum de symétrie. "Mes potes se moquent de mon obsession, mais c'est moi qui paie, c'est mon visage, c'est mon problème", estime la principale intéressée. "Certaines personnes me disent que mon visage semble irréel à cause de cette symétrie. C'est peut-être vrai. Mais j'aime bien, ça me donne un aspect différent, et ça m'aide dans mon métier, puisque je suis devenue mannequin. On m'a proposé de passer dans des émissions spécialisées sur la chirurgie, mais ça ne m'intéresse pas, je ne tiens pas à ce que mon visage soit connu du monde entier. Je n'ai pas envie qu'on suive mon exemple, non plus, car j'ai bien conscience que le processus que j'ai subi n'est pas sain."

Si la jeune femme affirme n'avoir aucun regret, elle admet toutefois redouter l'idée de vieillir. "Je ne sais pas du tout comment mon visage va évoluer avec le temps, comment les injections ou les chirurgies vont vieillir, si l'asymétrie va revenir avec le relâchement des tissus." Elle continue à travailler avec une psychiatre et une psychologue, depuis plusieurs années, maintenant. "On m'a diagnostiquée des troubles obsessionnels compulsifs, et mes psy pensent que c'est probablement lié à tout ça. J'y travaille, ou du moins, j'essaye." Le tout avec une volonté : ne pas céder à nouveau aux sirènes de la chirurgie esthétique.

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