Largué.e, délivré.e : "C’est simple, cette histoire n’avait aucun sens"

Lucile Bellan
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Largué.e, délivré.e :
Largué.e, délivré.e :

Vous vous rappelez de ce sentiment de vide quand il ou elle prononce l’irrévocabilité ? Pourtant, les ruptures, si elles peuvent apparaître insurmontables, nous apprennent toujours. Largué.e, délivré.e raconte ces moments de la vie où il a été question de se réinventer pour vivre une vie plus belle encore.

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Quand elle parle de sa dernière rupture, Joyce n’a aucune hésitation : "C’est simple, cette histoire n’avait aucun sens et du coup ce que je faisais, moi, non plus. Avec lui, je mangeais de la viande alors que ça m’a toujours mise mal à l’aise. Là, je suis vegan depuis 3 ans. Il n’arrêtait pas de dire que des vacances c’était en club ou à l’hôtel et, après lui, j’ai fini par acheter une petite cabane dans les bois dans le village de mes grands-parents et j’en suis très très heureuse. Avec lui, il fallait regarder les mêmes séries télé que tout le monde, les mêmes films. Maintenant je me suis détachée de tout ça et je suis beaucoup moins stressée."

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Cette déconnexion que son ex refusait, Joyce la vit comme une re-connection : "Oui, je pouvais soutenir une conversation sur une série télé dans les jours qui suivaient sa diffusion. Ou avoir un avis sur le dernier Goncourt. Mais j’ai toujours trouvé ça con cette volonté d’être à la page, toujours au courant de tout avec un avis sur tout. En m’affranchissant de cette pression, j’ai retrouvé le plaisir de découvrir des oeuvres, de demander des conseils, de prendre le temps de les savourer. Et je ne pense pas être une exception. En fait, mon ex me répétait souvent que c’était important de s’informer et de garder le rythme parce que le monde ne nous attendrait pas. En 5 ans de relation, j’avais fini par y croire. En fait, je me trouve mille fois plus heureuse à suivre mon propre rythme. Le monde n’en a rien à faire que je ne suive pas la cadence."

"Il a dû finir par se rendre compte, qu’au fond, je ne croyais pas vraiment à tout ce qu’il me racontait"

Pourtant au moment de la rupture, Joyce a traversé une période difficile : "Je ne m’y attendais pas du tout. Je pensais tout faire pour qu’il soit heureux au quotidien et fier que je sois à son bras. Je le suivais partout comme un petit chien et j’étais d’accord avec tout ce qu’il imposait. En fait, ça ne l’a pas fait rester. Il a dû finir par se rendre compte qu’au fond je ne croyais pas vraiment à tout ce qu’il me racontait. En tout cas, un soir, il m’a annoncé que c’était fini et qu’il avait une autre femme en vue. Que c’est parce qu’il me respectait qu’il voulait me quitter avant de se mettre en couple avec elle. J’ai accusé le coup, mais quand il a refermé la porte j’ai fondu en larmes. J’ai pleuré des jours et des jours alors même que mes amis n’arrêtaient pas de me répéter que c’était un con. Puis j’ai réalisé que j’avais des tonnes de choses à faire, et de la place pour m’exprimer et ça a été beaucoup mieux".

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"Je ne voulais plus de souvenirs de lui au quotidien"

Elle révolutionne son alimentation avant de s’attaquer au reste : "Le premier truc que j’ai changé dans ma vie après lui c’est mon alimentation : je suis devenue enfin vegan après des années à y penser. Il disait que c’était un truc de gens sales qui votent écolo (devine quoi ? Maintenant je ne vais plus me gêner pour voter vert) et je ne me sentais pas capable de le détromper. Il aimait aussi trop les petits plats que je cuisinais pour lui, toujours avec une protéine animale parce que c’était important. Après l’alimentation, j’ai refait toute la déco de l’appart qu’on partageait ensemble et que j’ai gardé. Je pense que je n’ai rien laissé ou presque. Je ne voulais plus de souvenirs de lui au quotidien et puis je voulais surtout une maison qui me ressemble. Ça a été même jusqu’à changer des portes de dressing et casser le plan de travail de la cuisine. Adieu béton et miroirs, tout ce gris que je ne voulais plus voir. J’ai acheté des tapis, j’ai mis du bois brut. On ne dirait pas que c’est important, mais ça a vraiment changé l’état d’esprit dans lequel je suis chez moi. J’ai le sourire quand je me lève le matin ou quand je rentre du travail. Je suis contente d’y passer mes week-ends quand je ne suis pas dans ma petite cabane. Tout ça, c’est un confort de vie énorme."

C’est dans son cocon qu’elle a vécu le confinement et les mois qui ont suivi : "Je ne sais pas comment j’aurais traversé tout ça et j’avais été encore en couple avec lui en plein dans cette vie qui était à l’opposé de ce que je suis. Franchement je pense que je serais devenue dingue et très triste. Depuis notre séparation, je suis enfin devenue la personne que j’étais amenée à devenir. Et cette vie qui me ressemble enfin, elle m’a donné la force de supporter la pandémie et de me tourner vers l’avenir."

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