Largué.e, Délivré.e : "J’étais amoureux du principe d’être en couple"

Lucile Bellan
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Largué.e, délivré.e :
Largué.e, délivré.e :

Vous vous rappelez de ce sentiment de vide quand il ou elle a prononcé l’irrévocabilité ? Pourtant, les ruptures, si elles peuvent apparaître insurmontables, nous apprennent toujours. Largué.e, délivré.e raconte ces moments de la vie où il a été question de se réinventer pour vivre une vie plus belle encore.

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Maya et Théo se connaissent depuis le collège. C’est au lycée, en classe de première, qu’ils se mettent en couple. Ensemble, ils partagent toutes les premières fois. Après le bac, la question ne se pose même pas : ils vont s’installer ensemble pour leurs études dans la même ville et vont partager un appartement. Pour leurs amis comme pour leurs familles c’est évident, ils vont faire leurs vies ensemble. Pourtant, en plein milieu du premier confinement, le couple décide de se séparer. Théo raconte : "Je ne m’y attendais vraiment pas. Pour moi, on attendait la fin de nos études respectives pour acheter un appartement et faire un bébé. Maya savait que je voulais une famille nombreuse. On en avait parlé mille fois. Ça faisait quand même 5 ans qu’on était ensemble." 

Mais Maya n’en démord pas, pour elle, l’histoire est finie : "Elle m’a expliqué qu’elle se sentait enfermée, qu’elle ne savait pas qui elle était, qu’on était plus vraiment heureux. À ce moment-là, je ne comprenais pas du tout ce qu’elle me racontait. Pour moi, on était juste stressés par la vie qu’on menait, par nos études qui étaient bloquées par la situation sanitaire. J’ai éclaté en sanglots et j’ai eu l’impression de ne pas pouvoir m’arrêter de pleurer pendant des semaines."

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"On était complices comme des vieux qui ont passé beaucoup de temps ensemble"

Trois mois après la rupture, Théo commence à comprendre : "On n’avait plus de vie sexuelle, on était complices comme des vieux qui ont passé beaucoup de temps ensemble, mais pas comme des jeunes qu’on est. Notre histoire était devenue une habitude, une évidence. Et en fait, j’étais amoureux du principe d’être en couple depuis longtemps et de la sécurité que ça m’apportait, mais je ne suis pas sûr que j’étais encore amoureux d’elle." Avec le recul, il comprend que Maya a eu raison : "J’étais triste, mais je n’ai pas réussi à être en colère. Maintenant, je me dis qu’elle a été plus intelligente que moi et super courageuse aussi. Elle nous a fait gagner du temps. Et tout ce que je lui souhaite maintenant, c’est d’être heureuse et amoureuse."

"Je ne sais pas ce qu’est une bonne journée pour moi en dehors de son bonheur à elle"

S’il s'en souhaite autant, Théo a vu ses projets amoureux contrecarrés par la pandémie : "J’ai pensé à m’inscrire sur Tinder, mais en fait avec les confinements et les couvre-feu, je n’arrive pas à me lancer. Je préfère prendre ce temps pour moi et pour apprendre à être totalement qui je suis. C’est aussi con que : 'Qu’est ce que je veux regarder comme série sur Netflix ?' à 'Qu’est ce que j’aime manger en fait ?'. Pendant presque toute ma vie d’ado et de jeune adulte, j’ai été une entité à deux têtes. Mon but c’était que la seconde personne passe une bonne journée. Mais je ne sais pas ce qu’est une bonne journée pour moi en dehors de son bonheur à elle. Ça commence à venir, mais c’est long."

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De formation scientifique, Théo quadrille ses goûts et dégoûts par élimination : "J’ai fait des listes. J’essaye un peu tout au moins une fois et selon ce qui me parlerait en théorie tout en essayant de sortir de ma zone de confort. Là, il y a beaucoup de choses qui ne sont plus possibles, mais je me dis que dans un futur, que j’espère proche, ça pourrait aussi être une façon de rencontrer des gens. Et peut-être même une future amoureuse."

"J’ai 23 ans. J’ai largement le temps de trouver l’amour"

Parce qu’il est jeune, Théo prend la situation sanitaire actuelle avec philosophie : "J’ai 23 ans. J’ai largement le temps de trouver l’amour. Je me dis que j’ai même la chance d’avoir connu la vie à deux et une relation longue à l’âge où certaines personnes n’imaginent même pas s’engager. C’est bon, j’ai assez d’avance pour sacrifier deux ans sur le planning. En plus, ce n’est pas comme si je ne faisais rien. Il m’arrive d’avoir de grands moments de déprime quant à mon avenir, mais je me trouve chanceux en général. Je suis en bonne santé, mes proches aussi. J’ai des amis et ils vont bien. J’ai des rêves pour la suite et plein d’amour à donner. Franchement, ça pourrait être pire."

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