Les amants du couvre feu : "J’ai des sueurs froides à l’idée que mon ex découvre que je lui ai menti pendant tout ce temps"

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Les amants du couvre-feu
Les amants du couvre-feu

Depuis le samedi 16 janvier, un couvre-feu est obligatoire à 18h dans toute la France. Dans Les amants du couvre-feu, célibataires et amants racontent comment ils arrivent à concilier contraintes sanitaires avec leurs vies amoureuses et sexuelles.

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Boris est séparé de la mère de sa fille depuis 2 ans. Ils ont convenu ensemble d’une garde partagée où chacun s’occupe de la petite fille de 6 ans une semaine sur deux. Officiellement, Boris est célibataire. Son ex a refait sa vie et attend un enfant de son nouveau compagnon. De l’avis de Boris, les relations entre les deux parents sont cordiales : "Au moment de la séparation, c’était une vraie boucherie. On a eu du mal à organiser notre garde partagée avec sérénité. Il y a eu la période où on ne faisait que s’engueuler pour des conneries et puis celle où on s’ignorait totalement. Maintenant, on se dit bonjour et on se donne des nouvelles. On essaye de se comporter comme des parents responsables et de ne pas faire peser le poids de l’échec de notre couple sur notre fille."

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"J’ai caché à mon ex-femme que j’avais une copine et que je la voyais pendant ses moments de garde alternée"

Seulement Boris n’est pas tout à fait sincère avec son ex-compagne : "J’ai caché à mon ex-femme que j’avais une copine et que je la voyais pendant ses moments de garde alternée. Elle ne comprendrait pas. On a tous les deux pris très au sérieux la pandémie. On a nettoyé nos courses pendant le premier confinement, on a contrôlé nos sorties. Je sais que cet été, elle a annulé ses vacances pour ne pas prendre de risques. C’est une discussion qu’on a eue depuis le départ et on était d’accord : on se protège un maximum pour protéger notre fille et ses grands-parents. C’était une responsabilité de groupe et on en avait bien conscience." Pourtant, au moment où le couvre-feu fête ses 3 mois et qu’un confinement est à nouveau en cours, Boris s’octroie des sorties qui ne semblent pas faire partie du contrat formulé avec son ex-compagne : "Je n’en suis pas fier du tout. Je sais qu’on doit limiter nos interactions et nos déplacements. Mais c’est plus fort que moi, chaque semaine où je n’ai pas ma fille à la maison, je prends ma voiture et je fais plusieurs centaines de kilomètres pour rejoindre une femme."

"C’est un caprice que je ne contrôle pas"

Au quotidien, il vit plutôt mal avec son mensonge : "Je fais une attestation de garde alternée et la seule fois où j’ai été contrôlé, j’ai dit que j’allais chercher ma fille chez sa mère. Quand celle-ci me demande si tout va bien et quel est mon programme de la semaine, juste par politesse quand on échange deux mots devant la porte, je lui dis que je ne fais que travailler comme un dingue. Ça me rend fou quand j’y pense. Je prends des risques pour aller voir quelqu’un qui me plaît et qui compte pour moi. Mais je pourrais aussi attendre que le confinement soit passé. C’est un caprice que je ne contrôle pas. Avec elle, on n’en parle jamais. Je pense qu’elle se dit que je m’en fous ou que ce n’est pas important. Mais plus je vois d’infos passer sur des enfants malades avec les nouveaux variants et plus je stresse."

"J’ai des sueurs froides à l’idée que mon ex découvre que je lui ai menti pendant tout ce temps"

Et la peur lui tord le ventre : "L’amende, ce n’est vraiment pas ce qui m’inquiète le plus. En réalité, j’ai des sueurs froides à l’idée que mon ex découvre que je lui ai menti pendant tout ce temps. Je n’ai pas d’obligation de lui dire que je vois quelqu’un, mais je sais qu’elle se sentirait trahie et qu’avec mon geste, je mets en danger notre fille et donc par extension toute sa famille. Elle n’a pas tort. Je pourrais très bien attraper le virus avec ma copine ou pendant le trajet et contaminer ensuite ma fille qui pourrait contaminer sa mère enceinte ou son compagnon. Ce que je fais n’est pas autorisé par la loi et humainement c’est aussi impardonnable. Le risque que je prends est énorme. Mais je me sens pris au piège et je ne vois plus trop comment dire à ma copine que finalement je ne vais plus la voir. Je pense qu’elle ne comprendrait pas. Alors je continue comme j’ai fait ces dernières semaines en espérant que les choses changent, que le couvre-feu et le confinement passent, que la pandémie s’arrête. Je sais qu’en tout cas, dès qu’il sera possible de se vacciner, je le ferais. Je ne fais pas ça par amour du risque, mais juste par amour et par bêtise. Et j’espère que ce sale épisode va vite s’arrêter et que je n’aurais plus besoin de contourner la loi et la confiance de mon ex-compagne pour vivre ma vie."

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