Largué.e, délivré.e : "Mon ex est un vampire qui m’a tout pris avant de me jeter"

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Vous vous rappelez de ce sentiment de vide quand il ou elle prononce l’irrévocabilité ? Pourtant, les ruptures, si elles peuvent apparaître insurmontables, nous apprennent toujours. Largué.e, délivré.e raconte ces moments de la vie où il a été question de se réinventer pour vivre une vie plus belle encore.

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Quand Marcia apprend que son compagnon, avec qui elle a passé les 15 dernières années de sa vie, la quitte, elle est dévastée : "Il n’y avait rien d’autre que lui dans ma vie. On allait déjeuner chez sa famille le week-end, on voyait ses amis. Dans la maison, c’est ses passions qui prenaient toute la place. Je ne m’autorisais des activités en solo que quand lui n’était pas disponible. Mais à l’époque, ce n’était pas des sacrifices. J’étais heureuse qu’on ait réussi à construire une vie à deux où l'on partageait tout, même si lui avait plus à partager que moi. Je me sentais chanceuse d’avoir un compagnon qui m’impliquait dans toutes les strates de sa vie. Je me sentais à ma place. Alors quand il m’a dit que c’était fini, j’ai senti le sol se dérober sous mes pieds. Je n’avais plus rien, plus de repères, plus personne. J’ai eu l’impression d’être Cendrillon après le bal ou une fêtarde qui est toute glamour dans le club, et qui se réveille avec les yeux collés et bouffis et du maquillage partout. C’était moi. J’avais bien profité, maintenant il était temps de revenir à la réalité."

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Quelques souvenirs dans un carton

Marcia se réfugie chez des amies : "Ce sont des collègues de bureau avec qui j’avais un peu sympathisé. Je n’avais pas toujours le temps d’aller à leurs apéros mais je savais qu’elles ne me fermeraient pas la porte. C’est auprès d’elles que j’ai raconté l’histoire, que j’ai cherché du soutien. Elles n’arrêtaient pas d’insulter mon ex et je ne comprenais pas pourquoi. C’est après que j’ai compris. En fait, avec lui, je n’avais pas vraiment de vie à moi."

Son ex-compagnon ne lui propose pas vraiment une rupture à l’amiable : "En gros, il m’a proposé de venir chercher quelques affaires à moi dans un ou deux cartons, et pour le reste, il estimait avoir plus contribué que moi donc il gardait. Il gardait déjà évidemment les amis et la famille mais il avait aussi décidé qu’il n’avait pas envie ou pas le temps de devoir racheter des meubles. J’ai eu peur, j’étais fragile, j’ai accepté. Je suis repartie chez mes amies avec un carton contenant des souvenirs, des choses importantes pour moi et quelques vêtements. Je suis repartie quasiment sans rien en réalité. Heureusement que nous n’avons jamais fait compte commun et que j’avais encore mes économies."

À la recherche du plaisir

Marcia est terrifiée de la quantité de choses à penser et faire pour reprendre sa vie en main : "J’étais sur sa mutuelle de travail, il a fallu changer ça. Il a fallu trouver un petit appartement et le meubler. Racheter des draps et des serviettes de bain alors que j’en avais pourtant, avant. À presque quarante ans, j’avais l’impression d’être une jeune adulte qui part de chez ses parents. Et puis petit à petit, j’ai vu ça comme une chance. Recommencer ma vie de zéro m’a apporté une grande sérénité. J’ai commencé à me poser cette question simple : qu’est ce qui te fait plaisir ? Et à ne choisir que des choses qui me font plaisir. Parfois utiles, parfois pas. Juste pour moi."

"Mon ex était un vampire"

Marcia est désormais bien installée et vient de recommencer à chercher l’amour : "Je ne me ferais plus avoir. Je ne veux plus être un accessoire dans une vie bien rangée, une poupée qu’on sort quand on en a besoin et qui ne demande jamais rien. J’ai des demandes, des besoins, des envies. J’ai mon propre univers et envie de le partager. J’ai des amies aussi. Je ne dois rien à personne. Pour ma prochaine histoire, je veux garder mon indépendance et que la personne comprenne bien que je ne ferais plus de concessions sur ça. On est dans un couple à deux, chacun apporte son espace, son univers, son histoire. Il n’est pas question de vampiriser l’autre. Mon ex c’était ça, un vampire. Et quand il a eu fini de prendre tout ce qu’il y avait à l’intérieur de moi, il m’a jetée. On ne me fera plus jamais ça. Ce que je donne, je le donne avec plaisir. Mais maintenant je n’oublierais pas de me protéger."

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