Largué.e, délivré.e : "Le plus important, c’était le chien"

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Vous vous rappelez de ce sentiment de vide quand il ou elle prononce l’irrévocabilité ? Pourtant, les ruptures, si elles peuvent apparaître insurmontables, nous apprennent toujours. Largué.e, délivré.e raconte ces moments de la vie où il a été question de se réinventer pour vivre une vie plus belle encore.

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Françoise a 52 ans quand son mari depuis plus de 25 ans décide de la quitter : "Cette rupture, je ne l’ai pas vue venir. Je crois que je me disais qu’il n’oserait jamais. J’ai toujours tout sacrifié pour lui. J’ai travaillé gratuitement pour son entreprise, je me suis occupée de la maison puis des enfants. J’ai choisi de n’avoir qu’un travail à temps partiel pour réussir à faire tout ça. Naïvement, je pensais qu’il ne s’en sortirait jamais sans moi. Je n’avais pas prévu qu’il trouve une autre femme pour le faire."

Son ex-mari ne lui laisse aucun choix : "Je devais quitter la maison, il ne me laissait pas prendre ce que je voulais, et surtout je devais lui laisser le chien. Le plus important, c’était le chien. Il n’en avait rien à faire que j’y sois attachée aussi. On aurait pu organiser une garde partagée comme pour les enfants. Mais ça, c’était hors de question pour lui. Je suis partie en bataille avec mon avocat pour faire reconnaître mes droits uniquement parce que je trouvais qu’il avait dépassé les bornes avec le chien. Et j’ai bien fait."

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Une reconnaissance bienvenue

À l’issue de plus d’un an de conciliation avec son avocat, Françoise obtient la reconnaissance du travail qu’elle avait précédemment fourni à son ex-mari : "J’ai obtenu une prestation compensatoire. Je ne pensais pas que la justice ferait un geste pour moi. J’avais pris l’habitude d’être la fautive ou celle qui n’est pas à la hauteur. Le jugement a tout changé pour moi parce que j’ai pris conscience que j’avais une place et que je méritais ces choses. Les enfants ont décidé de rester avec moi et j’ai gardé le chien. Mon ex-mari n’a pas voulu s’acharner en fin de compte, quand il s’est rendu compte que personne n’était de son côté. Il a juste refait sa vie, avec une autre femme."

Françoise est plus heureuse désormais : "Ça a pris du temps mais je m’en suis sortie. En fait, cette relation ne marchait plus depuis longtemps et j’aurais pu prendre la décision de tout arrêter par moi-même. Mais je n’avais pas du tout confiance en moi et j’avais peur de tout perdre, à commencer par mes enfants. Maintenant, ils sont tous partis de la maison mais je garde une très belle relation avec eux. Le chien est toujours là. Je n’ai pas eu envie de me remettre en couple parce que j’ai besoin de passer du temps avec moi-même, pour moi."

Françoise commence une thérapie

Après la séparation, elle a aussi entamé une thérapie : "Ça fait un peu plus de 2 ans maintenant que je suis séparée et ça m’a beaucoup aidée d’être accompagnée par une psychologue. Je ne savais plus où j’en étais après cette histoire. J’avais passé plus d’un quart de ma vie à me préoccuper du bonheur de quelqu’un sans quasiment jamais penser au mien. On en était au point où je ne savais plus très bien ce que j’aimais manger moi ou quels films je préférais. J’avais intégré les goûts de mon ex-mari et c’était ma référence au quotidien. La thérapie m’a aidée à y voir plus clair et aussi à réfléchir sur les raisons qui ont fait que je me suis jetée dans la relation à corps perdu comme ça. C’est aussi grâce à la thérapie que je sais que je veux être seule désormais. J’ai bien mérité du temps pour moi."

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Françoise est aujourd’hui heureuse : "J’ai le sentiment de beaucoup de temps gâché mais je n’arrive pas à m’en vouloir totalement d’avoir été aussi longtemps en couple avec cet homme parce que ça m’a donné deux fils que j’adore et qui ne sont pas du tout comme leur père. J’ai tout fait pour qu’ils soient des compagnons respectueux et on parle beaucoup ensemble ce qui me permet de vérifier au quotidien qu’ils sont sur la bonne voie. Moi, j’ai appris à faire des choses pour moi. Je vais au cinéma, je vais parfois au restaurant toute seule. Après la séparation, j’ai demandé à ce que mon travail passe à temps plein et je l’ai obtenu. Je l’ai fait pour être en sécurité financièrement mais ça m’a apporté beaucoup d’épanouissement. J’ai été triste de tout ça, j’ai pleuré des heures. Mais ça en valait la peine. Je ne voudrais être nulle part ailleurs maintenant. J’ai une belle vie."

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