Largué.e, délivré.e : "J’ai réalisé que je me servais de lui comme d’une béquille"

Le Grand Swipe
Le Grand Swipe

Vous vous rappelez de ce sentiment de vide quand il ou elle prononce l’irrévocabilité ? Pourtant, les ruptures, si elles peuvent apparaître insurmontables, nous apprennent toujours. Largué.e, délivré.e raconte ces moments de la vie où il a été question de se réinventer pour vivre une vie plus belle encore.

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Juliette et son compagnon sont en couple depuis 2 ans quand celui-ci lui annonce qu’il préfère qu’ils se séparent : "Il a fait ça hyper calmement. Il a dit ça comme ça, à table, comme s'il m’annonçait un truc dans sa famille ou le temps qu’il allait faire le lendemain. J’ai mis quelques secondes à comprendre et répondre que je ne voyais pas d’où ça lui prenait. Il m’a dit qu’il y réfléchissait depuis quelques semaines et que maintenant il était sûr. Il s’est mis ensuite à me dire qu’il pensait qu’on aurait une meilleure vie si on était avec quelqu’un d’autre. Qu’on ne faisait que passer du temps ensemble sans vivre vraiment. Ce genre de bêtises. Et puis il est parti avec un sac contenant juste quelques affaires en me disant qu’il reviendrait pour la suite quand il aura trouvé un autre appartement."

Juliette est soulagée : "Après avoir pleuré pendant un petit moment, j’ai quand même pensé que j’étais contente de ne pas avoir à déménager. On avait un appartement pas très grand que je pouvais me permettre de payer toute seule et on pensait même en changer pour prendre plus grand donc sur ce point j’étais arrangée. Ensuite, je ne me sentais pas de tout bousculer dans ma vie d’un coup. J’étais rassurée de me coucher dans mon lit, avec mes draps, dans une pièce que je connaissais bien même si j’étais toute seule et que ça faisait bizarre. Il y avait un élément nouveau mais pour le reste j’étais bien dans mon univers. C’est ce qui m’a aidée à supporter le choc."

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Peu à peu, elle s'approprie l'espace

Un mois plus tard, son ex-compagnon la recontacte pour récupérer le reste de ses affaires : "J’avais encore des moments où ça faisait un peu mal. Je pleurais quand je tombais sur ses affaires dans l’appartement ou quand on me demandait comment il allait. Je pensais vraiment qu’on allait rester ensemble et commencer une famille. Sa décision, je ne l’ai pas comprise. Mais je me suis habituée. J’ai commencé à arrêter de préparer le café comme il l’aime, j’ai pris de plus en plus de place dans la salle de bain et dans le placard. Quand il a pris ses affaires, il n’a pris que l’essentiel. Alors j’ai tout gardé et j’ai continué ma vie comme s'il n’avait jamais existé. Il ne manquait rien dans l’appartement, j’avais les mêmes assiettes, la même déco, les mêmes draps. Une fois qu’il a récupéré ses livres, sa console et ses vêtements, il a été complètement effacé et j’ai fini par réussir à vivre comme si j’avais toujours vécu là toute seule."

Au bout de quelques mois, elle ne pense plus du tout à lui : "Je n’avais jamais été célibataire avant ça. Je n’avais jamais habité seule. Vivre seule m’a permis de penser plus à moi et plus je pensais à moi moins je pensais à lui. J’ai pris toute la place chez moi, je n’ai plus fait que des courses qui me plaisaient, je me suis mise à choisir seule les films et les séries que je voulais regarder sans me soucier de ce qu’il pourrait en penser. Ça a été la dernière étape, ne plus me soucier de ce qu’il pouvait penser de ce que je faisais, de ce que j’étais, de comment je m’habillais. Je me suis rendu compte que je me servais de lui comme d’une béquille. C’était souvent plus simple de faire comme lui il aimait plutôt que de chercher à savoir ce que j’aimais moi. De plus en plus, il a disparu de la photo et ça ne m’a pas manqué. Maintenant quand je parle de lui ou de notre histoire, je ne ressens plus rien. C’est devenu un souvenir neutre."

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Un passage à l'âge adulte

Pour elle, la rupture a été comme un rite de passage : "Je me suis vraiment sentie totalement adulte quand j’ai commencé à habiter seule. Avant ça, même si ça peut paraître un peu bizarre dit comme ça, mais j’étais un peu comme son enfant. Il était l’autorité même sans le vouloir et je faisais mon maximum pour lui plaire sur tous les plans. Après lui, il a fallu affronter le monde toute seule, affiner mes goûts, trouver le courage de m’exprimer. Ça n’a pas toujours été facile et il m’est arrivé de regretter notre relation où je me sentais vraiment en sécurité mais je sais que tout ça c’est ce qui m’est arrivé de mieux. Je suis devenue complètement moi. Je ne vais pas aller jusqu’à lui dire un jour merci mais je pense qu’il a bien fait de partir."

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