Largué.e, délivré.e : "Elle m'a dit qu’il fallait qu’on organise une séparation"

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Largué.e, délivré.e :
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Vous vous rappelez de ce sentiment de vide quand il ou elle prononce l’irrévocabilité ? Pourtant, les ruptures, si elles peuvent apparaître insurmontables, nous apprennent toujours. Largué.e, délivré.e raconte ces moments de la vie où il a été question de se réinventer pour vivre une vie plus belle encore.

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Pierrick a été en couple pendant 8 ans avant que sa compagne ne décide de le quitter : "On avait tout. Un appartement, des projets, des souvenirs ensemble, nos familles qui s’entendent bien. Sur le moment, ça a été une onde de choc, je n’ai pas compris du tout ce qui était en train de se passer. C’est après que j’ai été capable de voir ce qu’elle avait exprimé." Il se souvient très précisément de ce moment : "On était au café qui est dans la rue de notre appartement qui est maintenant le mien. C’était exactement comme d’habitude. J’ai commandé un espresso et elle un cappuccino. On était un peu sur nos portables en attendant nos commandes. Et puis elle a dit qu’elle avait besoin de parler avec moi. J’ai posé mon portable sur la table et elle a dit qu’elle pensait que ça ne servait plus à rien de rester ensemble."

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"Je me souviens que j’ai pris ça pour un problème de confiance en soi, je suis sûr d’avoir souri quand je lui ai répondu qu’être amoureux ça ne servait jamais rien à rien de toute manière. Mais elle m’a tout de suite repris. Elle pensait que notre histoire était finie, qu’elle n’était plus amoureuse et qu’il fallait qu’on organise une séparation. Ça m’a marqué aussi cette histoire d’organisation. Pour moi, une séparation ça se subit, ça ne s’organise pas. C’était ma première longue histoire, je ne savais pas comment il fallait faire. Elle a exposé les points sur lesquels il fallait qu’on discute, l’appartement, les affaires à se départager, les amis à garder, les places de concerts à se refiler. C’était comme un gros bouleversement de nos vies, un grand rangement. Je reprends mes billes et tu reprends les tiennes."

Le sentiment de tout perdre

Mais Pierrick a le sentiment d’avoir beaucoup plus à perdre que son ex : "J’étais très attaché à sa famille par exemple. C’était comme une deuxième famille pour moi. Certains de ses amis d’origine étaient devenus les miens et je les voyais très régulièrement. Tous ces gens c’était mon quotidien, en plus d’elle. Quand elle a décidé que c’était fini, elle est repartie avec tout ça. J’y ai perdu beaucoup de repères. Avec mon appartement vide d’une partie de ses objets et ma vie où il manquait beaucoup de monde, j’ai eu l’impression d’une remise à zéro."

Mais ce bouleversement l’inspire : "Après la phase de chagrin d’amour, j’ai commencé à voir le côté positif des choses. D’abord, ça a commencé avec des réflexions un peu artificielles du genre "je vais pouvoir acheter des draps qui me plaisent à moi" et puis ça a été une sorte d’inspiration pour mettre de la nouveauté, une nouvelle excitation dans mon quotidien. Je ne me sentais pas enfermé dans mon couple mais il y a forcément des habitudes et même des habitudes de soi. Séparé, je me suis senti libre d’être une autre personne. Je me suis inscrit à un cours pour apprendre l’italien, j’ai rencontré de nouvelles personnes. Je suis allé plus au cinéma. Je suis parti seul en week-end pour découvrir une ville qui me faisait envie. Je n’avais plus besoin de la validation de personne alors je me suis tout permis. Recommencer ma vie à zéro m’a apporté une grande sérénité parce que tout était permis. La page blanche, quand on y pense, ça peut avoir l’air angoissant mais chez moi c’était surtout un monde de possibles. J’ai fait beaucoup de choses que je n’aurais pas faites autrement et j’ai pris l’habitude de plus écouter mes envies. Ça a aussi changé qui je suis."

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Célibataire par choix

Pour l’instant, Pierrick ne souhaite pas d’une nouvelle personne dans sa vie : "Ça fait 4 ans que je suis célibataire mais je n’ai pas envie de me remettre en couple. Je ne suis pas traumatisé mais je sens que j’ai encore plein de choses à faire et à explorer. Je me rends bien compte que c’est mieux de s’attacher à quelqu’un quand ce travail-là est fait. Je veux pouvoir me dire, la prochaine fois que je tombe amoureux, que je me présente en tant que meilleure version de moi-même. Et je suis encore sur cette voie même si je sens bien que je suis sur le bon chemin."

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