Le crush à l'épreuve du déconfinement : "J'avais peur que le confinement ait exacerbé nos ressentis"

Le crush à l'épreuve du déconfinement

Célibataires quand le confinement a commencé, ils et elles ont quand même cherché le réconfort dans la rencontre virtuelle, cherché un soutien au quotidien ou même cherché l'amour. Les personnes qui ont accompagné leur confinement sont devenues de véritables "confi-crushs". Et au déconfinement, le virtuel a laissé la place au réel. Voici l'histoire de leurs rencontres.

Lola n’a pas été vraiment gênée par les mesures de confinement : "Je suis d’un naturel casanier ascendant ermite". Elle a occupé ses journées avec Animal Crossing ou Netflix et puis elle a lu, cuisiné, brodé. Lola a aussi rajouté un peu de chaleur humaine à son quotidien en gardant un contact avec ses proches et amis, en visioconférence et par messages. Même si elle est Française, Lola vit à Bruxelles depuis neuf ans, seule dans un appartement sans terrasse. Le plus dur pour elle, ça a été et c’est encore l’incertitude d’une date pour retrouver les membres de sa famille.

Pendant le confinement, Lola a travaillé chez elle en partie et puis 1 à 2 jours par semaine en présentiel au bureau. Elle se considère comme célibataire depuis toujours, n’ayant jamais eu envie de passer du stade des rendez-vous à celui des relations engagées. Mais elle continue de discuter sur des applications de rencontre. Son dernier rendez-vous avant le confinement a eu lieu en janvier.

Une épaule pendant le confinement

Avec Sam, elle matche dès le début du confinement. Ensemble, ils échangent beaucoup d’abord via l’application de rencontres puis via WhatsApp "pour des questions de facilité". Ils se parlent quotidiennement, partagent des photos des plats qu’ils se cuisinent, regardent ensemble des films et des séries via Netflix Party, qui permet de partager le même programme avec une ou plusieurs personnes et de chatter en même temps. Ils s’organisent aussi un date en visio une fois par semaine.

Il a été un des éléments qui ont fait que mon confinement s’est bien passé.

Physiquement, Lola est charmée : "Il a de beaux yeux et il est plus grand que moi et ce sont deux éléments auxquels je suis attentive haha." Lola parle de ce nouveau compagnon de confinement avec un soupçon d’espoir : "Il a l’air d’être quelqu’un de très romantique et attentionné, ce qui n’est pas pour me déplaire. De manière générale, il a gardé son âme d’enfant et est très positif de nature, ce qui entre en collision avec mon côté anxieux et control freak. Il est quelqu’un de très social avec le besoin de sortir et de socialiser beaucoup, ce qui n’est pas mon cas. Nous avons aussi beaucoup de points communs une forte attache à nos familles, une vision du couple commune. Nous partageons des valeurs qui sont importantes à mes yeux comme le respect ou la tolérance."

Sam a vraiment permis à Lola de passer cet épisode de manière plus sereine : "Il a été un des éléments qui ont fait que mon confinement s’est bien passé". Lola reste tout de même, par habitude et par réflexe, un peu sur la défensive : "Je suis quelqu’un d’assez méfiant, je me livre peu lors de rencontres classiques, je veux garder le contrôle et me protéger. Les conditions n’ont pas changé mon mode de fonctionnement."

La peur de la première rencontre

Leur premier rendez-vous du déconfinement, ils en ont beaucoup parlé : "Nous avons assez vite parlé de notre rendez-vous rêvé, un chouette restaurant, un pique-nique au parc quelque chose de romantique… Mais vu la situation et les recommandations en vigueur, nous allons improviser autre chose. Nous allons donc faire une balade au parc par une belle après-midi ensoleillée (je l’espère) et manger une petite douceur pour le goûter." Malgré son coup de cœur, Lola veut respecter les recommandations gouvernementales : "Nous sommes toujours dans un contexte de distanciation sociale, je sais que de mon côté je veux respecter cela et ne pas avoir de contacts directs, mais je ne sais pas comment lui voit les choses et va réagir face à mon choix, nous allons devoir en discuter à l’avance."

Avant de le rencontrer, elle angoisse : "Mon appréhension principale est que le confinement a été une bulle pour nous deux et que cette situation a, d’une certaine manière, manipulé nos ressentis respectifs (en tout cas les miens), les a exacerbés et que cela retombe comme un soufflé mal préparé." Quelques heures avant de le voir enfin physiquement, elle est stressée. Elle se rend au date avec la boule au ventre, "en essayant de me convaincre qu’au pire [elle aurait] pris l’air". Ils se retrouvent au parc et en profitent pour goûter au soleil. Lola est heureuse, le moment est aussi doux qu’espéré : "J’ai passé une après-midi excellente où j’ai pu, pendant quelques heures, avoir une parenthèse d’insouciance, et ce en bonne compagnie. Les échanges étaient fluides, les silences légers et agréables."

J'avais un besoin irrépressible d’un contact avec un autre être humain.

Sam a respecté le souhait de Lola et ils ont donc suivi les règles de distanciation sociale. Mais leur complicité a tout de même donné lieu à un beau moment : ils ont partagé un câlin pour se dire au revoir. Une envie que Lola autant par son attirance pour Sam que par un "besoin irrépressible d’un contact avec un autre être humain".

Ils ont déjà prévu la suite : un apéritif en plein air. Lola avoue avoir hâte et espérer qu’il a été aussi conquis par elle qu’elle par lui.

À LIRE AUSSI :

>> Le crush à l'épreuve du déconfinement : "L'instit de ma fille m'a fait part de ses intentions. Ça m'a bouleversée"

>> Le crush à l'épreuve du déconfinement : "Quand j'ai quitté son appartement, c’est une boule au ventre qui a remplacé les papillons"

>> Le crush à l'épreuve du déconfinement : "Si je ne le tente pas, je vais le regretter toute ma vie"