Le Grand Swipe : "Quand je me suis réveillé, j’ai réalisé : je cherchais l’amour et j’ai trouvé ma meilleure amie"

Lucile Bellan
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Le Grand Swipe
Le Grand Swipe

Vous connaissez forcément des couples autour de vous qui se sont formés grâce à une application de rencontre. Peut-être même en avez-vous fait l’expérience. Le Grand Swipe raconte ces grandes histoires d’amour ou d’amitié 2.0 qui commencent avec un swipe, un like ou juste un message.

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Vassili a 26 ans et au début du premier confinement, il est célibataire. Il décide alors de profiter de cette pause forcée dans sa vie sociale pour prendre le temps de s’inscrire sur Tinder et de discuter sérieusement avec les femmes qui l’intéressent vraiment. "Avant ça, je passais mon temps à papillonner. Une femme me plaisait, je lui plaisais en retour et on se voyait dans la semaine pour du sexe. Fun, mais pas très épanouissant sur le long terme."

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Il discute ainsi pendant des semaines avec plusieurs femmes mais son attention se porte spécifiquement sur Inès, 32 ans : "Elle avait l’air différente, avec son compte qui exposait plusieurs de ses passions et son grand sourire. Elle n’était pas dans la posture. Si on la swipait, c’est qu’on avait vraiment envie de la connaître. Et j’avais à mort envie de la connaître".

Des conversations passionnées pendant le confinement

Ils s’écrivent des messages pendant quelques jours, partagent leurs réflexions sur la situation autant que des critiques sur les séries ou des blagues. Puis, ils décident conjointement de passer au téléphone : "C’était un vrai cap. Avoir la voix de quelqu’un au creux de l’oreille, c’est quelque chose de vraiment intime pour moi. La première fois qu’on s’est appelés, je pense que j’ai rougi comme un gamin. Et bien sûr, j’ai tout de suite adoré sa voix. C’est une voix chaude, avec des sourires qu’on entend, qui donne l’impression d’être chez soi et d’être écouté véritablement".

L’occasion de faire du sexe au téléphone ne s’est jamais présentée. On était trop occupés à partager tout et rien.

Jusqu’à la fin du confinement, Vassili et Inès s’appellent chaque soir. Ils prennent l’habitude de faire partie du quotidien de l’autre et font monter le désir de se rencontrer. "Ce serait mentir que de dire que nous n’avons pas pensé au sexe. Il est arrivé qu’elle ou moi, on fasse des allusions. Mais l’occasion de faire du sexe au téléphone ne s’est jamais présentée. On était trop occupés à partager tout et rien."

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Quand le déconfinement est annoncé, leur rencontre est une évidence. "On était au téléphone quand la nouvelle est tombée. Il n’y a même pas eu de réflexion, on a commencé tout de suite à s’organiser." Rendez-vous est pris chez le jeune homme, pour le lendemain du confinement. Inès amène de quoi prendre un apéritif et chacun se prépare pour un moment qu’ils attendent depuis longtemps.

De l’amour à l’amitié

"J’ai passé la meilleure soirée de ma vie. Je n’ai jamais été autant en phase avec quelqu’un et je sentais que c’était réciproque. Le seul hic, c’est que je n’ai jamais pensé à l’embrasser et elle non plus. Quand la soirée était bien avancée et qu’on s’était bien épuisés à parler, on a décidé d’aller se coucher ensemble. Elle a dormi dans mes bras mais ni elle ni moi n’avions envie de sexe. En fait, c’est quand je me suis réveillé que j’ai réalisé : je cherchais l’amour et j’ai trouvé ma meilleure amie". Vassili est déstabilisé. Il a longtemps été sceptique quant à l’amitié homme-femme.

Elle voulait qu’on se donne une chance de faire partie de la vie de l’un et de l’autre sans la pression de l’amour romantique et du sexe.

"Au petit-déjeuner, je me suis dit qu’il était temps d’avoir une conversation sur ce sujet. J’ai été rassuré de vite comprendre qu’elle partageait mon point de vue. Elle n’avait pas envie qu’on devienne amants et ne voulait pas gâcher la relation d’amitié qui était en train de se créer. Si j’étais d’accord, elle voulait qu’on se donne une chance de faire partie de la vie de l’un et de l’autre sans la pression de l’amour romantique et du sexe."

Ils passent alors l’été ensemble : "C’étaient des vacances formidables. On partage maintenant mille souvenirs qui nous ont rapprochés encore plus. À la fin du mois d’août, je n’avais qu’une envie : qu’on habite ensemble." Le célibataire imagine alors une demande officielle. Il prépare un bon dîner, ouvre une bouteille de vin et propose à son amie de partager avec lui une colocation. Elle accepte avec bonheur. "Elle m’a juste fait promettre de continuer à chercher une petite amie, que notre relation ne soit pas un frein à ma vie amoureuse. Ça m’a beaucoup touché qu’elle pense à ça, parce que je lui souhaite la même chose." Ils emménagent ensemble juste avant le second confinement et vivent depuis une vie faite de complicité, de tendresse et de franche rigolade : "On a eu de la chance. Je n’aurais pas rêvé rencontrer de meilleure personne pour traverser tout ça."

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