Publicité

Poly-Amours - Delphine, 46 ans : "Mon fils n'a pas compris que ce n'était pas qu'une question de sexe"

Delphine a 46 ans et a été en couple et infidèle pendant 20 ans. Ayant "l'impression d'avoir toujours un crush en cours", elle s'est découverte polyamoureuse. Elle en a parlé au père de son fils, et ils se sont séparés. Mais son enfant ne comprend toujours pas sa décision...

Poly-Amours - Delphine, 46 ans : "Mon fils n'a pas compris que ce n'était pas qu'une question de sexe". Photo : Getty Creative
Poly-Amours - Delphine, 46 ans : "Mon fils n'a pas compris que ce n'était pas qu'une question de sexe". Photo : Getty Creative

Delphine a 46 ans et a été en couple pendant vingt ans avant de se déclarer polyamoureuse : "J’ai eu des amoureux quand j’étais jeune et puis une longue histoire pendant laquelle j’ai eu un enfant que j’adore. Je ne comprenais pas pourquoi, malgré les modèles, malgré l’amour que je pouvais ressentir pour mes compagnons, je sois toujours infidèle. J’avais des coups de coeur pour des gens qui y répondaient positivement ou non. J’avais l’impression d’avoir toujours un crush en cours. Sur l’amour et les sentiments, je ne me posais jamais. Même une longue histoire ne m’a pas convenu. Et puis j’ai fini par écouter un épisode de podcast qui parlait de polyamour et à me demander si ce n’était pas ça, ce que je ressentais. J’ai commencé à faire des recherches, à chercher à parler avec des gens qui étaient concernés et je me suis retrouvée dans leurs histoires."

"Je ne voulais pas devenir polyamoureuse sur un mensonge"

Le compagnon de Delphine ne goûte pas son intérêt pour un mode de relation alternatif : "Très vite, j’en ai parlé au père de mon fils. Je ne voulais pas que ça lui tombe dessus à un moment et je ne voulais surtout pas commencer par devenir polyamoureuse sur un mensonge. Par contre, je n’ai pas réussi à lui dire que je l’avais trompé pendant toute notre relation, ça ne me paraissait pas possible à entendre pour lui et surtout je crois que ça aurait pris toute la place dans la discussion, ce que je ne voulais pas. J’ai essayé de lui faire écouter le podcast qui m’avait bouleversée mais il s’est fermé très vite. Pour lui, le polyamour ce n’est pas quelque chose que font les adultes qui sont rangés dans la vie. Et je crois qu’au fond de lui, il était content que notre couple soit quelque chose qui ne soit pas remis en cause. Malheureusement, c’est que j’avais besoin de faire. On n'a jamais réussi à en discuter sérieusement alors je suis juste partie. Ce n’était pas possible de devenir polyamoureuse avec lui, il ne voulait juste pas."

Vidéo. Le grand A : polyamour

Par la suite, Delphine a eu plusieurs histoires en simultané : "Je me suis enfin mise à vivre comme je le ressentais. J’ai eu une histoire qui a duré deux ans et une autre six mois. J’ai eu quelques coups de coeur qui sont passés dans ma vie pendant quelques jours à quelques semaines. Je me suis sentie enfin complète et j’ai été acceptée comme je suis par mes différents partenaires, qu’ils soient polyamoureux ou non. Je me sens plus heureuse et épanouie maintenant et je n’ai plus jamais été infidèle avec personne. Je n’ai plus jamais eu besoin de mentir. Ça change tout. J’aurais aimé avoir entendu parler de polyamour avant."

"J'ai échangé la quantité avec la qualité"

La seule difficulté que Delphine a eue à traverser s'est présentée dans la relation avec son fils adolescent : "Il n’a pas compris la séparation avec son père et n’a pas compris non plus que ce n’était pas qu’une question de sexe. C’est une discussion que nous avons encore actuellement. Il est dans le rejet, ce que je comprends, parce que c’est à la fois de son âge et dû à la situation. C’est un adolescent à qui on n'a jamais appris que ses parents devaient être épanouis pour être heureux. Moi-même je l’ai éduqué comme ça. Ça fait aussi partie de mes plus grands regrets. J’espère que ça ne coupera pas le lien entre nous. Je me dis que c’est aussi une affaire de temps. Mais même si cette réaction négative m’a beaucoup touchée, je ne veux pas revenir en arrière. Je suis une femme polyamoureuse et j’assume. J’ai la chance d’avoir derrière moi une communauté engagée et des amoureux qui me soutiennent. Finalement, la question du sexe a pris moins de place dans ma vie. Le temps que j’ai gagné à ne plus vivre d’infidélités, je l’ai surtout gagné à lire des livres et à sortir. Ça ne m’empêche pas d’être plus heureuse. J’ai échangé la quantité avec la qualité."

Si vous aussi vous voulez raconter vos belles histoires de vie, d'amitié et d'amour, vous pouvez envoyer un message à cette adresse : lucilebellan@gmail.com.

À lire aussi :

>> Angèle "plus en phase avec le polyamour", la chanteuse se confie sur sa sexualité et ses paradoxes

>> "On est un couple ouvert, et il n'y a pas à avoir honte !" : Louise Chabat se confie sur son couple libre

>> Pourriez-vous être polyamoureux ?